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FrancePerquisition chez Gabriel Matzneff jeudi

L'écrivain français de 83 ans est visé par une enquête pour «viols sur mineur» de moins de 15 ans.

Les enquêteurs recherchent des passages écrits de l'écrivain ne figurant pas dans ses ouvrages publiés.
Les enquêteurs recherchent des passages écrits de l'écrivain ne figurant pas dans ses ouvrages publiés.
AFP

Le domicile à Paris de Gabriel Matzneff a été perquisitionné jeudi dans l'enquête pour «viols sur mineur» de moins de 15 ans qui vise l'écrivain de 83 ans, a-t-on appris de source judiciaire confirmant une information du «Parisien». Mercredi, ce sont les locaux de l'éditeur Gallimard à Paris qui avaient subi le même sort.

Les investigations ont été menées par les policiers de l'office central de répression des violences aux personnes (OCRVP). Les enquêteurs recherchent des passages écrits de l'écrivain ne figurant pas dans ses ouvrages publiés, afin d'identifier des victimes potentielles. Un appel à témoins pour retrouver d'autres victimes a aussi été lancé mardi afin d'éviter qu'il y ait «des victimes oubliées».

Dans un entretien avec l'ex-site «Biffures», en 2008, l'écrivain déclarait avoir «autocensuré» des «passages» de ses écrits qui risquaient d'être «jugés spécialement scandaleux» et les avoir mis «en sécurité dans un coffre de banque». Selon «Mediapart», ce coffre-fort a été «localisé» par les enquêteurs.

L'attirance revendiquée de Gabriel Matzneff pour les «moins de 16 ans» et pour le tourisme sexuel avec de jeunes garçons en Asie, qu'il a racontée dans des livres, a pendant longtemps été tolérée dans le monde littéraire parisien.

«Le Consentement»

L'enquête du parquet de Paris a été ouverte le 3 janvier, au lendemain de la parution du roman autobiographique «Le consentement» de Vanessa Springora. Elle y dénonce sa relation sous emprise avec l'écrivain alors qu'elle était mineure, dans les années 80.

Les enquêteurs s'étaient déjà rendus en janvier dans les locaux de Gallimard pour y chercher les ouvrages de Gabriel Matzneff. Selon une source proche du dossier, confirmant une information de Mediapart, les enquêteurs s'intéressent aussi à Christian Giudicelli, son éditeur au sein de Gallimard et compagnon de voyage aux Philippines.

L'éditrice Vanessa Springora a été auditionnée par les policiers le 29 janvier, tout en ne voyant qu'une «portée symbolique» à cela à cause de la prescription des faits. Elle est à ce jour la seule femme à avoir témoigné publiquement parmi les adolescentes séduites par Gabriel Matzneff, dont le comportement, décrit dans ses propres livres, a longtemps été toléré dans le monde littéraire parisien. En 2013, il avait obtenu le prix Renaudot essai.

«Apologie» d'actes pédophiles

Celui qui a dit dans une lettre ne pas mériter «l'affreux portrait» publié par Vanessa Springora a affirmé fin janvier sur BFMTV «regretter» ses pratiques pédophiles passées en Asie, tout en faisant valoir qu'«à l'époque», «jamais personne ne parlait de crime».

C'est pour certaines de ses réactions dans la presse au livre de Vanessa Springora que Gabriel Matzneff sera jugé le 28 septembre 2021 dans une autre procédure pour «apologie» d'actes pédophiles. L'écrivain, qui s'est réfugié en Italie depuis le début de l'affaire, a été cité à comparaître par une association de prévention contre la pédophilie, l'Ange Bleu.

Cette procédure permet à une victime de convoquer directement l'auteur présumé devant le tribunal, sans qu'une enquête préalable ne soit menée. C'est à la victime de collecter les preuves de culpabilité de l'auteur présumé des faits.

ats

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