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Quand Le Pen annonçait le réveil de l’UE grâce à Trump

«L’Europe va être obligée de se réveiller et de prendre ses responsabilités. Contrairement à ce tartuffe d’Obama, il est clair que Trump roule pour son pays. Il ne trompe personne sur ses intentions, lui.» Cette analyse est de Jean-Marie Le Pen. Elle a été émise sur un ton narquois que je vous laisse imaginer…

La renaissance de l’Europe à Davos semble une évidence

Le hasard fait que, le jour de l’élection de Donald Trump, nous étions en interview avec le «Menhir» au manoir de Montretout, dans la riche banlieue parisienne. À voir ce qui se passe ces jours du côté du WEF de Davos, où l’«America first» de Donald Trump a rameuté tout ce que les démocraties libérales européennes comptent de dirigeants, on ne peut que donner raison a posteriori au vétuste provocateur de l’extrême droite tricolore.

On ne se prononce pas sur le coup de pied de l’âne adressé par l’anar de l’ultradroite à l’ex-président démocrate, mais la renaissance de l’Europe à Davos, Emmanuel Macron en tête et Angela Merkel arrivée dans les arrêts de jeu, semble une évidence.

Le président français a ainsi déroulé, mercredi après-midi, un discours brillant sur la forme et motivant sur le fond d’une vision d’une globalisation à visage humain. Trop habile pour tomber dans le piège de l’antitrumpisme primaire, il avance non pas en cherchant l’affrontement avec le président américain mais en se posant toujours en homme du recours, en alternative. Il ne condamne jamais – ce n’est pas son style –, il propose autre chose.

En l’occurrence, Emmanuel Macron a lancé l’idée d’un «nouveau contrat mondial» qui passerait par une refondation des institutions de gouvernance internationales. Celles qui avaient été mises en place, au sortir de la Seconde Guerre mondiale par les vainqueurs, dont il ne reste aujourd’hui plus que les États-Unis au rang de puissance. Car désormais les équilibres mondiaux ont évolué et la place centrale du pays de l’Oncle Sam a sans doute empêché de nombreux politiciens européens d’en prendre la mesure.

Angela Merkel n’a pas diagnostiqué autre chose mercredi à Davos. Impossible d’être plus explicite. «À présent que les États-Unis se concentrent sur eux-mêmes, nous devons prendre notre destin entre nos mains», a attaqué la chancelière allemande avec son art d’aller à l’essentiel. Elle parlait notamment de la nécessité de la création du Fonds européen de défense, car l’Europe «avait pris l’habitude de se reposer sur les États-Unis».

Cet unanimisme contre l’isolationnisme comme projet d’avenir a encore trouvé dans le premier ministre italien, Paolo Gentiloni, un porte-voix moins attendu. «S’il y a un vide à combler, l’Europe le comblera.» En Italie aussi, l’idée que l’Union européenne est certes à réformer mais qu’elle est avant tout un gage de stabilité et de protection pour ses membres progresse.

France, Allemagne, Italie: les trois plus grandes économies de l’UE (depuis le départ de la Grande-Bretagne) sont d’accord sur le but. Reste à trouver le chemin. Pas certain que Jean-Marie Le Pen ait envie d’être du voyage. Mais il avait raison: Donald Trump a sonné le réveil.

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