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Une partie des Panama Papers sur le Net

Une base de données contenant quelque 200'000 noms d'entreprises et de particuliers a été ouverte au public sur Internet.

Il y a un an éclatait le scandale des Panama Papers. Le point sur l'affaire. (Vendredi 31 mars 2017)
Il y a un an éclatait le scandale des Panama Papers. Le point sur l'affaire. (Vendredi 31 mars 2017)
AFP
Le Panama est «prêt à commencer» en 2018 l'échange automatique d'informations pour contrer la fraude fiscale internationale, a annoncé vendredi sa vice-présidente Isabel de Saint Malo (ici). Il demande à être retiré de la liste française des paradis fiscaux. (Image d'archive)
Le Panama est «prêt à commencer» en 2018 l'échange automatique d'informations pour contrer la fraude fiscale internationale, a annoncé vendredi sa vice-présidente Isabel de Saint Malo (ici). Il demande à être retiré de la liste française des paradis fiscaux. (Image d'archive)
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Alaa Moubarak, un des fils de l'ancien président égyptien Hosni Moubarak.
Alaa Moubarak, un des fils de l'ancien président égyptien Hosni Moubarak.
AFP
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Les Panama Papers, qui ont alimenté une cascade de révélations sur l'évasion fiscale, sont en partie accessibles au public depuis lundi au nom de la «transparence» mais également dans l'espoir de débusquer de nouveaux scandales.

Chaque internaute peut désormais consulter une base de données fondée sur les millions de documents du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca et où figurent notamment le premier ministre islandais récemment contraint à la démission, Sigmundur David Gunnlaugsson, et l'ex-ministre français du Budget, Jérôme Cahuzac, emporté par un scandale d'évasion fiscale en 2013.

Près de 214'000 sociétés-écrans

«C'est un cheminement naturel vers la transparence pour permettre à la société civile d'obtenir les informations de base sur les Panama Papers», a expliqué dans un entretien à l'AFP Gerard Ryle, directeur du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), qui a fait éclater le scandale.

Retrouvez sur le site de l'ICIJ la base de données Panama Papers

Sa base de données de quelque 214'000 sociétés-écrans et particuliers disséminés dans 21 paradis fiscaux représente la «plus importante» publication sur les sociétés-écrans et leurs propriétaires réels, assure l'ICIJ dans un communiqué.

Mais elle ne rend toutefois que partiellement compte des quelque 11,5 millions de documents des Panama Papers qui n'ont, d'après l'ICIJ, pas encore livré tous leurs secrets.

Un double objectif

«Il y a tellement de documents. C'est impossible de savoir ce que vous ratez jusqu'à ce que vous trouviez quelque chose», assure M. Ryle, qui estime qu'il faudra encore «plusieurs mois» avant de les explorer en intégralité.

Cette mise en ligne, que le cabinet Mossack Fonseca menace de contester en justice, répond d'ailleurs à un double objectif: faire oeuvre de transparence mais également lever de nouveaux lièvres.

«Les gens vont trouver des noms importants que nous avons ratés. Ils pourront contacter l'ICIJ et nous transmettre des tuyaux», affirme M. Ryle, ancien journaliste d'investigation en Australie et en Irlande.

Plus de 500 «tuyaux»

Son organisation, basée à Washington, en a fait l'expérience après avoir mis en ligne des bases de données sur les précédents scandales des «Offshore Leaks» et des «LuxLeaks», sur des accords fiscaux secrets entre les multinationales et le Luxembourg.

Plus de 500 «tuyaux» étaient alors parvenus à l'ICIJ, conduisant, pour certains, à de nouvelles révélations, affirme M. Ryle.

L'enjeu est de taille: maintenir l'élan qui est né après les premières révélations parues dans plus de 100 journaux à travers le monde début avril.

Les Panama Papers ont éclaboussé des chefs d'Etat en Argentine, Ukraine et Russie mais également des stars du football (Lionel Messi) ou du cinéma (Pedro Almodovar), soulevant une onde de choc qui a contraint la communauté internationale à passer à l'action.

Soigner les métastases des paradis fiscaux

Dans un manifeste publié vendredi sous le pseudonyme de John Doe, la source des Panama Papers affirmait que les dirigeants politiques avaient «totalement échoué à soigner les métastases des paradis fiscaux» au cours des 50 dernières années, ciblant «les citoyens aux revenus bas et moyens» plutôt que les plus riches.

Mi-avril, les grandes puissances du G20 ont promis de dresser une nouvelle liste noire des paradis fiscaux non-coopératifs, en l'assortissant de sanctions, et de tenter de lever le voile sur le secret entourant les sociétés offshore.

Plus récemment, jeudi, les Etats-Unis ont annoncé une série de mesures visant à mieux contrer les techniques d'évasion fiscale et de blanchiment d'argent via les sociétés-écrans, dont les Panama Papers ont révélé l'utilisation à grande échelle.

Selon M. Ryle, cette mobilisation montre que seul un scandale qui «embarrasse tout le monde» est de nature à faire bouger la communauté internationale.

Mécanisme d'échange automatique d'informations

Moins d'un an après les révélations des LuxLeaks fin 2014, les ministres des Finances de l'Union européenne avaient d'ailleurs adopté un mécanisme d'échange automatique d'informations sur les accords fiscaux passés entre Etats et multinationales, un effort jugé insuffisant par les ONG.

Qu'en sera-t-il quand le flot de révélations des Panama Papers commencera à se tarir? Les gouvernements tiendront-ils leurs engagements?

«Seul le temps permettra de dire si les promesses ont été tenues», reconnaît M. Ryle, qui admet qu'il y a toujours un «danger» que la mobilisation ne s'essouffle.

Les Panama Papers auront été, quoi qu'il arrive, salutaires, poursuit-il. «C'est une bonne chose que les dirigeants fassent des promesses car on peut maintenant leur demander des comptes».

(AFP)

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