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Selon Paris, Damas a «sciemment utilisé l’arme chimique» à Khan Cheikhoun

Le sarin employé dans le raid qui a tué 87 civils au début d’avril provient bien de l’arsenal chimique du régime syrien.

Un père tient les cadavres de deux jumeaux dans ses bras, suite à l'attaque du 4 avril où un gaz neurotoxique a été utilisé.
Un père tient les cadavres de deux jumeaux dans ses bras, suite à l'attaque du 4 avril où un gaz neurotoxique a été utilisé.
AP

On savait que c’était du sarin. On sait désormais que ce gaz neurotoxique utilisé dans l’attaque chimique qui a fait 87 morts dans la localité de Khan Cheikhoun le 4 avril provient bien des stocks de l’armée syrienne, censés avoir été détruits suite à l’accord américano-russe d’octobre 2013.

«Compte tenu du procédé de fabrication du sarin utilisé, la responsabilité du régime syrien ne fait pas de doute», a affirmé mercredi le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, à l’issue d’un Conseil de défense au cours duquel il présentait un rapport des services de renseignements de l’Hexagone.

Ce document, établi sur la base de prélèvements et d’analyses effectués par les services français, indique avec certitude «que le procédé de fabrication du sarin analysé est typique de la méthode développée dans les laboratoires syriens. Cette méthode porte la signature du régime», a insisté le ministre des Affaires étrangères. Et «nous le savons parce que nous avons conservé des prélèvements d’autres attaques et que nous avons pu les comparer», a-t-il ajouté.

La note contenant des éléments déclassifiés du renseignement français explique que le sarin utilisé le 4 avril est le même que celui employé dans une attaque imputée à Damas, le 29 avril 2013 à Saraqeb, dans la province d’Idleb. En cause, la présence dans les deux cas de produits secondaires – notamment de l’hexamine, un stabilisant. Or «la présence d’hexamine indique que ce procédé de fabrication est celui développé par le Centre d’études et de recherches scientifiques (CERS) au profit du régime syrien», détaillent les auteurs du rapport. Le CERS est dans le viseur des pays occidentaux qui accusent Damas de ne pas avoir totalement démantelé son arsenal chimique en 2013. Lundi, Washington a d’ailleurs pris des sanctions à l’encontre de 271 chercheurs de ce centre.

Enfin, toujours selon les preuves collectées par les spécialistes, seule l’aviation syrienne avait la capacité d’effectuer ce bombardement. Selon les analystes, c’est un chasseur Sukhoï 22 (dont dispose l’armée de Bachar) qui a décollé de la base de Chayrat le 4 avril au matin pour effectuer jusqu’à six frappes sur la localité de Khan Cheikhoun. Et pour les renseignements français, «seuls Bachar el-Assad et certains des membres les plus influents de son entourage sont habilités à donner l’ordre d’utiliser des armes chimiques».

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) avait déjà conclu le 19 avril que l’utilisation de sarin dans cette attaque était «irréfutable». Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Turquie et la France sont parvenus aux mêmes conclusions. Mais Paris va plus loin en prouvant la responsabilité du régime dans ce carnage. A Damas, Bachar el-Assad rejette ces accusations en bloc. Le dictateur syrien, qui dément toute implication de son armée dans ces frappes, accuse les pays occidentaux d’avoir «monté cette histoire de toutes pièces» et assure toujours que son pays ne possède plus d’armes chimiques.

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