L’opposition fourbit ses armes contre Boris Johnson

Grande-BretagneAnti-Brexit et pro-business s’indignent. L’opposition s’organise pour renverser Boris Johnson… pas aussi isolé que l’on croit.

Jeudi, au lendemain de l’annonce de suspendre le parlement, les opposants ont manifesté devant le 10 Downing Street.

Jeudi, au lendemain de l’annonce de suspendre le parlement, les opposants ont manifesté devant le 10 Downing Street. Image: AP/FRANK AUGSTEIN

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La décision de Boris Johnson de suspendre le parlement britannique entre la mi-septembre et le 14 octobre passe mal, très mal, auprès d’une grande partie de l’establishment britannique et des opposants au Brexit. Pour le quotidien économique «The Financial Times», le nouveau premier ministre «a fait exploser une bombe sous l’appareil constitutionnel du Royaume-Uni». Rien de moins. De son côté, le quotidien de centre gauche et anti-Brexit «The Guardian» y voit «un affront à la démocratie» et la volonté du locataire du 10 Downing Street de «se dispenser de l’examen législatif» mis en place par les députés.

Parallèlement, plus de un million et demi de résidents britanniques ont signé une pétition officielle réclamant que le parlement ne soit pas suspendu. Trois actions en justice ont également été lancées en Écosse, en Irlande du Nord et en Angleterre pour interdire la suspension réclamée par Boris Johnson au motif qu’elle ne serait pas justifiée.

Enfin, sans doute motivés par un sondage publié jeudi par l’institut YouGov qui indique que 47% des Britanniques estiment que la suspension est inacceptable et seulement 27% qu’elle est admissible, le groupe d’extrême gauche Momentum et des syndicats ont planifié pour ce samedi des manifestations dans dix villes du pays pour «défendre la démocratie». Ces soutiens fervents du chef du Parti travailliste Jeremy Corbyn seront également présents devant le parlement mardi pour accueillir les députés à leur retour de vacances.

Chauds débats en vue

La réouverture du parlement s’annonce d’ailleurs tendue. Jeremy Corbyn a prévenu jeudi que les siens «essaieront d’arrêter Boris Johnson politiquement mardi, via un outil parlementaire». Objectif: «Légiférer pour éviter un Brexit sans accord avec les Vingt-Sept (no Deal) et tenter de l’empêcher de fermer le parlement pendant cette période hautement cruciale.» Quelques heures plus tôt, un dirigeant travailliste avait déjà annoncé que son parti envisageait «un vote de défiance» contre le gouvernement de Boris Johnson.

«Il est très difficile pour des gens comme moi de maintenir ma confiance dans le gouvernement» avait aussi lâché, mercredi, le député conservateur Dominic Grieve. Dès lors, cette possibilité de voir tomber Boris Johnson n’a jamais été aussi proche. Sa marge d’action se révèle très minime, puisque le partenariat entre le Parti conservateur et le Parti démocratique unioniste ne dispose plus que de deux voix de majorité aux Communes.

La journée n’a pourtant pas été entièrement négative pour le premier ministre. Il a probablement craint le pire en apprenant la démission de la très populaire cheffe du Parti conservateur écossais, Ruth Davidson, qui n’avait jamais caché son désaccord sur le Brexit. Boris Johnson a donc sans doute été très surpris lorsqu’elle a fermement soutenu sa stratégie actuelle. «Je me tiens absolument derrière les tentatives du premier ministre de rapporter un accord qui peut être adopté à la Chambre des Communes», a-t-elle indiqué.

Plus encore, elle a lancé une attaque à peine dissimulée contre les députés récalcitrants: «Aux collègues qui veulent éviter un no deal: votez pour un accord! Vous avez eu trois occasions, vous les avez toutes manquées. Ne manquez pas la quatrième.» Avant de soutenir explicitement la stratégie du locataire du 10 Downing Street: «Dites clairement que si un accord revient à la Chambre des Communes, vous voterez en sa faveur! Pour que l’UE comprenne qu’il existe une raison de rouvrir les négociations.»

Les Brexiters suivent

Pour couronner le tout, un autre sondage publié par YouGov donne douze points d’avance au Parti conservateur sur le Labour. Cette progression est principalement liée au recul du Brexit Party, lancé au printemps par Nigel Farage, signe que la stratégie de Boris Johnson est en train de convaincre les Brexiters les plus convaincus. Cette nouvelle doit lui permettre d’envisager la possibilité d’une élection anticipée avec confiance.

Créé: 29.08.2019, 22h17

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