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Hong KongLes opposants devisent dans un salon de thé

Les manifestants qui s'opposent au gouvernement ont leur sanctuaire autour duquel ils se retrouvent pour discuter.

Hong Kong: des manifestants ont leur sanctuaire.

Le modeste salon de thé de Kate Lee est devenu un sanctuaire dans lequel les Hongkongais favorables à Pékin se retrouvent autour d'un thé au lait ou d'une tartine de tofu. Kate Lee soutient ouvertement la police hongkongaise et l'administration pro-Pékin du territoire semi-autonome.

Elle le clame haut et fort, pour le plus grand plaisir de ses clients, hostiles à la contestation qui secoue le territoire semi-autonome depuis cinq mois. «Je pense qu'ils (Pékin) nous ont déjà donné beaucoup de libertés (...) et qu'ils ont mis en place les bonnes politiques qui nous ont permis de prospérer», explique KateLee.

A 51 ans, elle est devenue une célébrité parmi les habitants qui soutiennent la police hongkongaise. Elle a reçu les honneurs de la presse d'Etat chinoise.

Rubans bleus

Les partisans du gouvernement local sont appelés les «rubans bleus», une couleur qui fait référence à l'uniforme des policiers, par opposition aux «rubans jaunes» qui soutiennent les manifestations en faveur de la démocratie.

Après cinq mois de crise politique et de manifestations qui dégénèrent de plus en plus souvent en affrontements et actes violents, le cheffe de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam, cristallise la colère de la population. Sa cote de popularité est au plus bas, deux tiers des Hongkongais affirmant ne pas être satisfaits de leur gouvernement, selon un sondage effectué en octobre.

Nationalistes purs et durs

Mais les fidèles au gouvernement du territoire semi-autonome donnent aussi de la voix, notamment chez Kate Lee. Parmi eux se trouvent des nationalistes purs et durs qui reprennent les diatribes de Pékin, tout comme des modérés qui appellent à un retour au calme.

La gérante du salon de thé, qui dit ne pas s'intéresser de près à la politique, affirme ne pas être d'accord avec le recours à la violence des manifestants les plus radicaux. «Je veux leur demander, est-ce que vraiment ils n'ont pas de libertés à Hong Kong en ce moment?», lance Kate Lee. Elle assure que les habitants de l'ancienne colonie britannique sont par exemple libres d'évoquer le massacre de Tiananmen, la sanglante répression des manifestants pro-démocratie à Pékin en 1989.

«Des mains noires»

La Chine accuse régulièrement les contestataires d'être soutenus par «des mains noires» étrangères, notamment les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Les «rubans bleus» sont convaincus que les manifestations à Hong Kong sont financées par des nations étrangères et que ce mouvement n'est pas une révolte populaire.

«Le suffrage universel n'est pas nécessaire», estime Erica, une professeure d'art âgée d'une vingtaine d'années qui assure le service à titre bénévole. «On devrait se demander pourquoi ils veulent se battre pour le suffrage universel, tout le monde sait que ce sont les Américains qui leur disent de le faire», ajoute-t-elle.

D'autres personnes interrogées par l'AFP se sont déclarées favorables à une plus grande démocratie à Hong Kong tout en estimant qu'elle doit se mettre en place progressivement, par crainte d'un brutal retour de bâton de la Chine.

Etape par étape

Fong Fong, 60 ans, a dit à son fils de 28 ans, qui avait manifesté, qu'elle le livrerait aux autorités si elle le surprenait encore une fois en train de participer aux émeutes. Elle dit privilégier la stabilité et son gagne-pain à des idéaux, affirmant que les troubles actuels portent atteinte aux droits de ceux qui entendent mener une vie quotidienne paisible. «Je pense que nous devrions avoir la démocratie, mais il faut parvenir au suffrage universel étape par étape. On ne peut pas atteindre le paradis en une seule fois», souligne-t-elle.

De nombreux jeunes manifestants rétorquent que c'est l'échec des générations précédentes à repousser l'érosion des libertés sous le régime de Pékin qui est à l'origine du mouvement de contestation actuel.

Pour un fonctionnaire à la retraite, qui a refusé de donner son nom, les manifestants tentent de lutter contre un adversaire inébranlable. «A la fin, vous devez admettre que Hong Kong fait partie de la Chine, c'est quelque chose que vous ne pouvez pas nier», a-t-il ajouté. «Vous ne pouvez pas lutter contre ça...donc la seule chose que vous pouvez faire c'est d'accepter les règles».

ats

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