Passer au contenu principal

L’ONU essaie de garder la main dans le dossier syrien

A Genève, le médiateur de l’ONU, Staffan de Mistura, ne veut pas paraître en retrait par rapport au processus d’Astana.

Staffan de Mistura, le médiateur de l'ONU pour la Syrie, se prépare à ouvrir un nouveau round de consultations à Genève.
Staffan de Mistura, le médiateur de l'ONU pour la Syrie, se prépare à ouvrir un nouveau round de consultations à Genève.
UN /Anne-Laure Lechat

A l’issue des négociations menées à Astana, début mai, le médiateur de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a convoqué une nouvelle rencontre à Genève. Les consultations entre les différentes parties au conflit doivent reprendre ce mardi au Palais des Nations. Le diplomate italo-suédois veut rebondir sur les avancées arrachées au Kazakhstan et battre le fer pendant qu’il est chaud. Voilà pour la version officielle. Staffan de Mistura veut surtout montrer que le processus engagé à Genève n’est pas mort si tout le monde s’engage à souligner la complémentarité des deux démarches. Au fil des années et des mois, l’intérêt des médias pour ces rencontres s’est d’ailleurs essoufflé. De plusieurs centaines de journalistes accrédités pour couvrir ces rencontres, on est passé à quelques dizaines seulement.

Le successeur de Kofi Annan et de Lakhdar Brahimi fait tout son possible pour redonner du souffle au mandat qui lui a été confié par l’ONU. Mais dans la partie qui se joue, c’est Moscou, soutien du régime syrien, qui a pris la main en entamant des négociations directes avec certaines composantes de l’opposition syrienne et en lançant un processus parallèle.

Au fil des semaines, les pourparlers lancés à Astana par la Russie, la Turquie et l’Iran ont pris le dessus sur ceux menés à Genève. Une situation particulièrement frustrante pour la Suisse bien au fait du travail colossal mené sur place pour amener les protagonistes du conflit à se parler loin des caméras et des micros. La plupart des contacts qui ont débouché sur des avancées ont été noués sur les bords du Léman où le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guenadi Gatilov a piloté les rencontres les plus importantes.

Zones de désescalade

Avec ce nouveau round de discussions, le médiateur de l’ONU nourrit l’espoir de voir le gouvernement syrien et l’opposition modérée se rallier au principe d’une consolidation du cessez-le-feu durant la période du ramadan, dans le prolongement de l’accord arraché à Astana. Pour la première fois, Russes, Turcs et Iraniens sont parvenus à y coucher sur le papier leurs engagements au travers d’un mémorandum. Lequel prévoit la création temporaire de «quatre zones de désescalade» et de sécurité à Idleb et dans certaines parties des villes voisines dont Lattaquié, Alep et Hama, ainsi que dans la Goutha (banlieue de Damas) et dans quelques zones dans le sud de la Syrie (Deera et Kuneytra). Pas d’accord politique à la clef mais un répit. Les négociations restent dans l’impasse. Un rapprochement des positions des uns et des autres en vue d’une transition politique n’est pas encore pour demain. En fin de semaine passée, Bachar el-Assad a qualifié de «cirque» les discussions conduites à Genève avec l’opposition.

Ce lundi, Staffan de Mistura a refusé d’entrer dans la polémique en relevant que la délégation gouvernementale syrienne conduite par Bachar Jaafari était présente à Genève et qu’elle était venue pour y «travailler». Le médiateur de l’ONU et le représentant de Damas se sont d’ailleurs rencontrés avant l’ouverture officielle des pourparlers.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.