L'ONU doit agir maintenant pour mettre fin à l'impunité en Iran

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Quand j'étais sur le terrain en tant que chef du Bureau des droits de l'homme au sein de la Mission de l'ONU en Irak, j’ai constaté que, l’ONU, agissait, toujours trop tard pour les victimes des violations des droits de l’homme.

Cette semaine je vais assister à une audition à Genève sur le massacre de 30 000 prisonniers politiques en Iran en 1988, un autre cas où cette instance mondiale des nations n'a pas agi en temps opportun.

Près de 30 ans après, un groupe d'ONG organisent, une audition de la société civile pour enquêter sur ce massacre, à Genève. Des survivants du massacre, des proches des victimes et des experts y seront présents pour témoigner et réfléchir sur la voie à suivre.

Aujourd’hui encore, le sort peut frapper des milliers d'Iraniens arbitrairement arrêtés lors des manifestations qui ont ébranlé le pays depuis la fin décembre. Dix jeunes manifestants sont déjà morts en détention. Le régime réputé pour la « liquidation » secrète de ses opposants en prison, prétend qu’ils se sont "suicidés"!

En 1988, Khomeiny, le Guide suprême de la République islamique, avait émis une fatwa pour que tous les prisonniers qui restaient fermes dans leur soutien à l'Organisation des moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) soient "condamnés à mort." Des "commissions de la mort,” se sont mises alors en œuvre.

La Rapporteuse spéciale des Nations Unies pour la situation des droits de l'homme en Iran, Asma Jahangir, a indiqué en août dernier que l'actuel ministre de la Justice et d'autres hauts responsables du régime actuellement en fonction, faisaient partie de ces « commissions ».

En 2017, à la demande des familles endeuillées, j'ai codirigé deux rapports, publiés par la Justice pour les victimes du massacre de 1988 en Iran (JVMI).

Mais les appels au pouvoir iranien par des ONG et des rapporteurs spéciaux des Nations Unies pour enquêter sur cette tuerie, sont restés lettres mortes. L'audition de cette semaine à Genève est un exercice de société civile appelant à ce que les auteurs de ce crime rendent des comptes et justice soit rendue pour les victimes et leurs familles.

La manière impitoyable et l’extrême violence avec laquelle les autorités iraniennes ont réagi récemment face aux manifestants pacifiques montre que l'impunité a enhardi le régime des mollahs dans la répression. Les auteurs des crimes graves précédents ne doivent pas être autorisés à se lancer dans une nouvelle purge systématique. La communauté internationale doit envoyer un message ferme aux autorités iraniennes.

Porte des réponses opportunes aux tragédies imminentes demeure un défi sérieux. Si l'ONU veut empêcher un autre massacre des Iraniens innocents dont le seul crime est d’avoir revendiqué leurs droits fondamentaux, alors il est temps d'agir. Le Haut-Commissaire, Zeid Ra'ad Al Hussein devrait saisir cet instant, et tous les États membres des Nations Unies doivent lui apporter leur appui pour la création d'une commission pour enquêter sur le massacre de 1988. (TDG)

Créé: 31.01.2018, 11h16

Tahar Boumedra est un ancien chef du Bureau des droits de l'homme de la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Irak (MANUI), et expert juridique.


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