Offensive de Bagdad contre les Kurdes à Kirkouk

IrakChamp pétrolier, base militaire, siège du gouvernorat: les troupes irakiennes ont atteint une partie de leurs objectifs.

Des membres des forces gouvernementales irakiennes, non loin de la ville de Kirkouk.

Des membres des forces gouvernementales irakiennes, non loin de la ville de Kirkouk. Image: Reuters

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Nouvel exode en Irak. Des milliers d’habitants quittaient lundi la ville de Kirkouk, dans le nord du pays, pour se diriger vers Erbil et Souleimaniye, les deux principales villes de la région autonome kurde. Trois semaines après le référendum d’indépendance du Kurdistan irakien, rejeté par le pouvoir central, Bagdad a donné l’ordre de reprendre des zones sous contrôle kurde.

Les forces gouvernementales irakiennes ont lancé leur offensive au terme d’un ultimatum dans la nuit de dimanche à lundi. Elles ont poursuivi leur progression dans la province de Kirkouk, où elles ont repris des champs pétroliers ainsi qu’une base et un aéroport militaires au cœur du litige entre Bagdad et les autorités kurdes. En juin 2014, à la faveur du chaos provoqué par l’offensive éclair du groupe Etat islamique (Daech) et de la déroute des forces fédérales, les peshmergas (combattants kurdes) s’étaient emparés de plusieurs zones et infrastructures.

On apprenait aussi lundi après-midi que le pompage dans les deux principaux champs pétroliers de Kirkouk avait cessé. Les techniciens kurdes «ont quitté les puits avant l’arrivée des forces irakiennes», a affirmé un haut responsable du Ministère du pétrole. Les trois champs pétroliers de Kirkouk fournissent 250 000 barils par jour et dépendaient jusqu’à présent du Ministère kurde des ressources minières. Le Kurdistan, qui traverse la plus grave crise économique de son histoire, pourrait lourdement pâtir de la perte de ces champs qui assurent 40% de ses exportations pétrolières.

Bagdad, en crise ouverte avec Erbil depuis la tenue, le 25 septembre, du référendum d’indépendance, a multiplié les mesures économiques et judiciaires pour faire plier le Kurdistan. Arguant que le référendum a créé un «risque de partition» de l’Irak, le premier ministre irakien, Haïder al-Abadi, a expliqué dans un communiqué qu’il était de son «devoir constitutionnel d’imposer la sécurité et l’autorité fédérale» à Kirkouk. Tandis que les peshmergas ont affirmé dans un communiqué officiel que le gouvernement irakien allait «payer cher» cette opération «de guerre contre le peuple du Kurdistan».

La coalition internationale, emmenée par les Etats-Unis, a de son côté exhorté lundi le pouvoir central irakien et les autorités kurdes «à éviter une escalade». «Nous continuons de pousser au dialogue. Toutes les parties doivent rester concentrées sur la lutte contre notre ennemi commun, le groupe Etat islamique, en Irak», a-t-elle déclaré.

(TDG)

Créé: 16.10.2017, 18h36

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Mugabe démissionne
Plus...