Passer au contenu principal

«Ça fait neuf ans que j'essaie d'oublier»

L'une des accusatrices de Georges Tron s'est excusée mercredi au procès de cet ancien secrétaire d'Etat, accusé de viols.

Georges Tron est accusé par deux femmes.
Georges Tron est accusé par deux femmes.
Keystone

«Ça fait neuf ans que j'essaie d'oublier.» Virginie Ettel, l'une des deux femmes qui accusent l'ex-secrétaire d'État Georges Tron de viols, a regretté mercredi devant la Cour d'assises de Bobigny de se souvenir par «bribes» des scènes qu'elle dénonce.

«Pardon», «désolée», «excusez-moi». Tout au long de sa journée d'audition, les phrases de Virginie Ettel, 41 ans, commencent souvent par des excuses. Qu'elle comprenne mal le sens d'une question ou peine à remonter le fil de ses souvenirs.

Accusés de viols

Longs cheveux blonds lâchés sur sa tenue noire, l'ancienne employée de la Municipalité de Draveil (Essonne) justifie: «Il me reste encore des bribes, mais je ne vous cache pas que ça fait neuf ans que j'essaie d'oublier.»

Comme Éva Loubrieu, 44 ans, elle accuse Georges Tron, maire de Draveil depuis 1995, de lui avoir imposé des attouchements et des pénétrations digitales, avec la participation de son ex-adjointe à la Culture Brigitte Gruel.

Les deux sexagénaires sont jugés pour viols et agressions sexuelles en réunion depuis la semaine dernière devant les Assises de Seine-Saint-Denis. Ils nient en bloc.

«Prise au piège»

La voix de Virginie Ettel se brise au moment d'évoquer la première agression qu'elle dit avoir subie. «Quand le verrou a été fermé» après un déjeuner à la mairie, elle s'est sentie «prise au piège». Elle explique, en larmes, s'être trouvée comme une «poupée de chiffon» entre les mains des accusés.

Certains aspects varient depuis ses premières déclarations, provoquant haussements d'épaule et sarcasmes du côté de la défense. «Je suis désolée, j'ai occulté beaucoup de choses», répond-elle.

«J'étais désorientée»

En l'absence d'éléments matériels et de témoins directs, la crédibilité des plaignantes est au coeur des débats. Virginie Ettel étant la seule à avoir daté les agressions alléguées (en novembre 2009 et en janvier 2010), chaque incohérence est exploitée par la défense. Elle s'était ainsi trompée sur la date du déjeuner. Et l'enquête a démontré qu'elle avait essayé le soir même de se suicider - ce qu'elle n'avait jamais rapporté - expliquant seulement s'être lavée méthodiquement chez elle.

«J'étais désorientée, déboussolée, c'est difficile de retracer les faits», avance-t-elle. «Comment peut-on expliquer que vous ne vous souveniez pas de votre tentative de suicide?» s'emporte Eric Dupond-Moretti, conseil de Georges Tron.

«Je suis désolée»

Des témoins ont relié cet événement à la fin d'une aventure avec un chirurgien - qu'elle nie - et non à une éventuelle agression. «Comprenez-vous que vos mensonges, incohérences, invraisemblances peuvent permettre de douter de vos accusations?» interroge l'avocat de Brigitte Gruel, Fank Natali. «Je suis désolée, dit encore Virginie Ettel. Mais j'ai pas raconté 50 faits, j'en ai raconté deux, j'en ai pas rajouté.»

Les plaintes avaient été rendues publiques fin mai 2011, dix jours après la retentissante arrestation à New York de l'ex-patron du FMI Dominique Strauss-Kahn, accusé de viol par une femme de chambre. Georges Tron avait démissionné le 29 mai de son poste de secrétaire d'État à la Fonction publique, mais est resté maire de Draveil.

Le procès, qui reprendra lundi, doit durer jusqu'à la mi-novembre.

(AFP)

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.