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Nasser: héros de la lutte anti-impérialiste

On commémore lundi 15 le 100e anniversaire de la naissance du président égyptien Gamal Abdel Nasser, né à Alexandrie le 15 janvier 1918.

Nasser s’est impliqué très jeune dans la lutte contre l’influence britannique en Égypte. Lieutenant-colonel, il fonde en 1945 le mouvement des Officiers libres et, le 23 juillet 1952, il conduit un coup d’État militaire contre le roi Farouk et proclame la République un an plus tard. Son projet se définit comme un nationalisme arabe anti-impérialiste.

Un non-aligné aux côtés de l’Indonésien Soekarno et de l’Indien Nehru

En avril 1955, Gamal Abdel Nasser s’affirme comme l’un des principaux acteurs de la Conférence de Bandung (Indonésie) aux côtés notamment de l’Indonésien Soekarno et de l’Indien Nehru. L’objectif des fondateurs du futur Mouvement des non-alignés est de créer un troisième pôle, en dehors du clivage Est-Ouest. Le choix de la neutralité durant la guerre froide cause des tensions avec les puissances occidentales. Elles refusent en particulier de financer la construction du barrage d’Assouan. Nasser répond par la nationalisation de la Compagnie du canal de Suez, en 1956. Le Royaume-Uni, la France et Israël organisent alors une offensive pour reprendre le contrôle du canal. Mais la crise de Suez se transforme en une victoire politique pour l’Égypte, grâce à sa détermination et aux pressions inédites exercées par les États-Unis et l’Union soviétique sur Paris et Londres. L’Égypte s’éloigne dès lors du monde occidental et se tourne vers l’URSS.

La «Bataille de Suez» avait déclenché un vaste mouvement de solidarité arabe. Nasser devient l’incarnation de la volonté de libération et d’union du monde arabe.

La volonté d’indépendance nationale et de contrôle du pouvoir politique pousse le nouveau régime à imposer un projet de réforme agraire limitant drastiquement la taille des propriétés agricoles. La redistribution des terres vise à briser le pouvoir politique et économique de l’aristocratie terrienne, première alliée de l’occupation britannique en Égypte. Mais la défaite égyptienne face à Israël lors de la guerre de 5 juin 1967 annonce le déclin d’un grand projet pour la renaissance de l’Égypte. Au lendemain, Nasser annonce sa démission et assume la responsabilité du désastre: des millions d’Égyptiens envahissent immédiatement et spontanément les rues et refusent que leur président démissionne. Nasser revient sur sa décision. L’Égypte s’engage alors dans une longue guerre d’usure autour du canal.

Cependant, en février-mars 1968, un mouvement de protestation estudiantin se développe revendiquant liberté, démocratie et jugement des responsables de la défaite de juin 1967. Nasser promet alors l’instauration du pluralisme politique, mais uniquement après la libération du Sinaï occupé par Israël. Deux ans après, Gamal Abdel Nasser meurt d’une crise cardiaque, au Caire le 28 septembre 1970. Ses funérailles se déroulent devant des millions de personnes venues rendre hommage à celui qui incarnait la dignité arabe.

Note: ce papier s’inspire largement d’un recueil de textes de Gamal Abdel Nasser, introduit par Magda Refaa. Editions du CETIM, Genève. www.cetim.ch

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