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Narendra Modi face à l’ouragan Trump

Le premier ministre indien vient à Washington ce lundi pour essayer de raisonner le président américain.

Le premier ministre indien, Narendra Modi.
Le premier ministre indien, Narendra Modi.
MIKHAIL METZEL

Depuis quinze ans, les relations entre l’Inde et les Etats-Unis ressemblaient peu ou prou à un long fleuve tranquille. L’administration Bush puis celle d’Obama souhaitaient accompagner la quête de puissance de l’Inde et aider cette dernière à jouer un rôle plus important en Asie. Objectif pour Washington: disposer d’un allié capable de contrebalancer la puissance chinoise et ses visées expansionnistes en mer de Chine.

L’arrivée au pouvoir de Donald Trump a tout remis à plat. Il multiplie les appels du pied en direction de Pékin, comptant sur celle-ci pour raisonner la Corée du Nord et son programme nucléaire. Tout à sa rhétorique de «l’Amérique d’abord», Trump a ordonné à plusieurs agences fédérales de réfléchir à une refonte des règles d’attribution des visas pour les salariés étrangers hautement qualifiés. Ce projet menace les sociétés indiennes de services informatiques qui envoient chaque année des milliers d’ingénieurs outre-Atlantique.

Vient ensuite le retrait de l’Accord de Paris sur le climat le 1er juin. Le locataire de la Maison-Blanche justifie sa décision en tirant à boulets rouges sur l’Inde. L’accord, clame Donald Trump, «n’impose aucune contrainte aux pays qui polluent le plus. (…) L’Inde conditionne sa participation à l’octroi de milliards de dollars d’aide versés par les pays développés.» C’est dire si la visite officielle qu’entame le premier ministre indien sera complexe. Il va devoir construire une relation de confiance avec le président Trump et préserver le partenariat stratégique.

Malgré tout, Modi dispose de quelques atouts. Les Etats-Unis ne sont désormais plus disposés à payer pour la défense de leurs alliés, ils ont donc plus que jamais besoin de partenaires militairement solides en Asie. «Tôt ou tard, l’Amérique aidera l’Inde à jouer un rôle plus important pour stabiliser l’Asie du Sud et l’océan Indien», note l’éditorialiste indien Raja Mohan. Le 23 juin, des sources gouvernementales à Delhi ont révélé qu’un contrat de plus de 2 milliards de francs pour la livraison de 22 drones de surveillance maritime pourrait être officialisé durant la visite de Narendra Modi. Si tel était le cas, ce serait un symbole fort. Ces engins n’ont été exportés qu’à des membres de l’OTAN. La vente devra cependant être approuvée par le Congrès.

New Delhi.

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