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SyrieViolents combats pour la prise de Raqa

Avec le soutien des Etats-Unis, les forces arabo-kurdes tentent de reprendre Raqa, le principal fief de l'Etat islamique.

Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)
Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)
Keystone
L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)
L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)
Keystone
Le groupe État islamique (EI) a repris vendredi un quartier du sud-est de la ville de Raqqa, son bastion en Syrie, près de trois semaines après l'avoir perdu. (Vendredi 20 juin 2017)
Le groupe État islamique (EI) a repris vendredi un quartier du sud-est de la ville de Raqqa, son bastion en Syrie, près de trois semaines après l'avoir perdu. (Vendredi 20 juin 2017)
AFP
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Des forces arabo-kurdes syriennes soutenues au sol et dans les airs par les Etats-Unis ont tenté de progresser jeudi dans Raqa au prix de violents combats dans le principal fief du groupe djihadiste Etat islamique (EI) en Syrie.

Des frappes de la coalition menée par les Etats-Unis dans la nuit de jeudi à vendredi ont tué au moins 17 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui avait fait état de huit civils tués mardi par des frappes de la coalition, et 21 lundi.

Sept mois après le début d'une offensive d'envergure qui leur a permis de s'emparer de vastes régions autour de la ville septentrionale de Raqa, les Forces démocratiques syriennes (FDS) sont entrées mardi pour la première dans cette cité, annonçant le début de la «grande» bataille pour en chasser l'EI. La bataille de Raqa constitue l'un des principaux fronts de la guerre aux multiples belligérants en Syrie qui a fait plus de 320'000 morts depuis mars 2011.

22 frappes contre l'EI

«Nos troupes avancent à Mechleb et contrôlent des parties du quartier», a dit jeudi à l'AFP un porte-parole des FDS Talal Sello. «Les forces de la coalition internationale travaillent avec nous sur le terrain de manière très efficace». La coalition internationale conduite par Washington a affirmé avoir mené 22 frappes contre l'EI près de Raqa mercredi.

Un correspondant de l'AFP a pu pénétrer brièvement mercredi dans le quartier de Mechleb contrôlé désormais en partie par les FDS, qui étaient entrées par l'est. Il a été témoin de violents combats avec notamment des tirs d'obus des deux côtés.

Equipées d'armes légères, notamment des kalachnikovs, les FDS tentaient de cacher leurs véhicules pour ne pas être repérés par les drones de l'EI. «L'EI dispose de snipers et a disséminé de nombreuses mines à Mechleb», selon l'Observatoire.

2500 djihadistes

Le quartier a été vidé de ses habitants par les djihadistes avant l'entrée des FDS, et l'EI y a creusé des tranchées défensives et des tunnels. Les combats se poursuivaient également à la périphérie ouest de Raqa, ajoute l'OSDH.

Un responsable du ministère américain de la Défense a souligné mercredi que «le rôle» des forces spéciales américaines à Raqa «n'avait pas changé», et qu'il est toujours «de conseiller et d'assister» les FDS et non de combattre directement l'EI. «Ce sont les FDS qui mènent le combat» à Raqa, a-t-il déclaré. «Mais si nous nous faisons tirer dessus, nous avons le droit de nous défendre», a indiqué Eric Pahon, un porte-parole du Pentagone. Il a affirmé qu'il restait «jusqu'à 2500» combattants de l'EI dans Raqa.

Selon le Pentagone, «des centaines» de militaires américains participent à l'offensive sur Raqa. L'armée américaine a notamment déployé des pièces d'artillerie près de Raqa pour soutenir les FDS. Des hélicoptères d'attaque Apache américains sont également prêts à intervenir dans la bataille.

Des commandants et commandantes des FDS travaillaient sur des tablettes pour identifier les cibles ennemies. Des pneus ont été posés dans les rues pour arrêter d'éventuelles voitures piégées, arme de prédilection des djihadistes . Capturée par les djihadistes en 2014, Raqa est devenue le symbole des atrocités commises par l'EI ainsi qu'une base pour la planification d'attentats commis à l'étranger.

Craintes pour les civils

Les habitants font état de bombardements incessants, a indiqué un militant du collectif «Raqa is Being Slaughtered Silently» («Raqa est massacrée en silence»). Selon lui, les conditions de vie se détériorent avec, outre les bombardements, des pénuries d'eau et d'électricité.

Le nombre de civils tués par les raids de la coalition est en nette hausse depuis que les FDS ont lancé leur offensive. Selon les Nations unies, environ 160'000 personnes vivent à Raqa, contre 300'000 avant le début de la guerre. Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU a affirmé que quelque 100'000 personnes «pourraient se trouver piégées» durant l'assaut. L'International Rescue Committee a dit craindre que l'EI n'utilise les civils comme «boucliers humains».

La revue médicale britannique The Lancet affirme dans une étude que les professionnels de santé, les hôpitaux et les cliniques syriennes ont été pris pour cible plus de 400 fois en 2016. «En Syrie, la stratégie consistant à utiliser intentionnellement la violence pour restreindre ou empêcher l'accès aux soins a atteint un niveau sans précédent», alertent les auteurs de l'article.

L'armée syrienne a été absente jusqu'à présent de la bataille de Raqa, même si l'agence de presse officielle Sana a indiqué que l'armée de l'air avait visé des positions de l'EI dans l'ouest de la province éponyme.

Des négociations entre régime et rebelles prévues les 12 et 13 juin à Astana en vue de trouver une solution au conflit ont été reportés sine die.

AFP

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