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AfghanistanKerry presse les talibans de sceller une paix

Le secrétaire d'Etat américain souhaite une fin honorable avec Kaboul après des décennies de guerre.

John Kerry a rencontré le chef de l'exécutif afghan Abdullah Abdullah.
John Kerry a rencontré le chef de l'exécutif afghan Abdullah Abdullah.
EPA/GEERT VANDEN WIJNGAERTS, Keystone

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a pressé mercredi les insurgés talibans en Afghanistan de sceller une paix «honorable» avec les autorités de Kaboul. Il s'agit d'assurer la reconstruction de ce pays en guerre depuis des décennies.

«Il y a une voie vers une fin honorable d'un conflit que les talibans ont mené, un conflit qui ne peut pas et ne sera pas remporté sur le champ de bataille. Un règlement négocié avec le gouvernement afghan est le seul moyen de mettre un terme aux combats», a plaidé John Kerry lors d'une conférence internationale de donateurs à Bruxelles.

Processus de réconcilation

Les Etats-Unis réclament depuis longtemps l'amorce d'un processus de «réconciliation» entre les autorités afghanes et les talibans, «seul moyen» selon John Kerry de «garantir la stabilité et de parvenir à une réduction complète des forces armées internationales».

Les Etats-Unis, qui s'étaient massivement engagés militairement en Afghanistan après les attentats du 11-Septembre 2001, stationnent encore environ 9800 soldats dans ce pays, leur nombre devant baisser à 8400 la semaine prochaine.

Ces militaires sont chargés de conseiller et de former les forces afghanes, mais disposent également d'un mandat pour aller combattre directement les insurgés talibans et l'organisation Etat islamique (EI), apparue en Afghanistan au début 2015, dans l'est du pays.

Trois milliards d'euros par an

Pour inciter Kaboul et les talibans à faire la paix, John Kerry a pris l'exemple de l'accord signé fin septembre entre Kaboul et l'un de ses pires criminels de guerre, Gulbuddin Hekmatyar, surnommé le «Boucher de Kaboul», encore en exil et qui s'est vu garantir l'immunité et un possible retour en politique malgré des protestations. «C'est un modèle pour ce qu'il serait possible» de faire, a estimé le chef de la diplomatie américaine.

L'Afghanistan, ravagé par la guerre et porté à bout de bras depuis quinze ans par la communauté internationale, saura mercredi dans quelle mesure ses principaux donateurs se réengagent à ses côtés pour les quatre prochaines années, à l'occasion d'une conférence à Bruxelles.

La réunion, copilotée par le président afghan Ashraf Ghani et par le président du Conseil européen Donald Tusk, devrait déboucher sur la promesse d'une aide annuelle globale d'au moins trois milliards d'euros par an jusqu'en 2020, un seuil en deçà des quatre milliards des quatre dernières années, mais qui serait synonyme de «succès» d'après une source européenne.

(ats)

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