«On lui a lavé le cerveau», estime la mère de Ben Laden

MondeÀ quelques jours de la commémoration des attentats d’Al-Qaida en Afrique, la mère de Ben Laden sort de son silence.

Oussama ben Laden.

Oussama ben Laden. Image: AFP

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Alors que le Kenya et la Tanzanie commémorent mardi le 20e anniversaire des attaques contre les ambassades américaines à Nairobi et Dar es Salaam qui ont marqué l’apparition d’Al-Qaida sur la scène internationale, la mère d’Oussama ben Laden s’exprime publiquement pour la première fois depuis presque dix-sept ans.

Dans un entretien exclusif accordé au quotidien britannique «The Guardian» dans sa maison de Djedda, la ville saoudienne qui abrite le clan Ben Laden depuis des générations, Alia Ghanem revient sur le parcours de son premier enfant, «un bon garçon qui l’aimait beaucoup», avant qu’il ne crée Al-Qaida et ne revendique les attentats du 11 septembre.

Entourée des deux demi-frères d’Oussama, Ahmad et Hassan, et de son second époux, Mohammed al-Attas, cette femme de 84 ans explique qu’Oussama se serait radicalisé à 20 ans, alors qu’il entrait à l’Université de Djedda pour étudier l’économie. Il y aurait rencontré Abdullah Azzam, un membre des Frères musulmans qui deviendra son conseiller. «C’était un très bon gamin jusqu’à ce qu’il rencontre des gens qui lui ont lavé le cerveau. On peut appeler ça une secte», assure-t-elle au «Guardian». «Je lui disais de se tenir à l’écart mais il ne m’a jamais avoué ce qu’il faisait parce qu’il m’aimait trop.» Tout aurait basculé dans les années 80, lorsque Oussama s’est rendu en Afghanistan pour combattre l’occupation russe. «Nous étions très fiers de lui au début. Tout le monde le respectait, même le gouvernement saoudien. Puis il est devenu Oussama le Moudjahid», poursuit son demi-frère Hassan. Comment ce pieux combattant est-il devenu l’ennemi public numéro un sur le front du terrorisme international? La famille ne se l’explique pas vraiment.

Alia Ghanem dit avoir vu Oussama pour la dernière fois en 1999 lors d’une visite en Afghanistan, à Kandahar. Ahmad, de son côté, estime que sa mère est dans le déni. «Elle aime tellement son fils qu’elle refuse de lui en vouloir. Elle préfère blâmer son entourage. Elle ne voit que la facette du gentil garçon, pas celle du djihadiste.» Il explique aussi avoir été «choqué, abasourdi», par les premiers reportages de New York. «On a su tout de suite que c’était Oussama. On avait tous honte de lui. Et les conséquences allaient être terribles pour notre famille.» Les Ben Laden ont été aussitôt interpellés par les autorités, ils ont eu interdiction de quitter l’Arabie saoudite. Près de deux décennies plus tard, ils vivent dans une riche demeure et peuvent se déplacer relativement librement à l’intérieur et à l’extérieur du royaume. (TDG)

Créé: 05.08.2018, 17h10

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