Les Emirats arabes unis déploient leurs mercenaires latinos au Yémen

Guerre par procuration Selon le "New York Times", des centaines de combattants sud-américains participeraient au conflit yéménite.

Image: Keystone

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Ils seraient 450, en grande majorité Colombiens. Il y a un mois ces soldats de fortune, entraînés et stationnés aux Emirats arabes unis (EAU), ont été envoyés de toute urgence au Yémen pour participer aux combats contre la rébellion houthie. Selon le New York Times qui a révélé l'affaire la semaine dernière, c’est la première fois que les Emirats déploient à l’étranger une partie de la brigade de 1800 mercenaires qu’ils ont secrètement mis sur pied depuis cinq ans.

A l’origine, ces mercenaires étaient censés être engagés dans des opérations intérieures, comme la surveillance d’infrastructures ou la répression de manifestations des travailleurs étrangers. La seule mission extérieure effectuée jusqu’ici était une participation à la protection de navires contre la piraterie.

L'expérience des Colombiens très appréciées

Si l’on trouve des Chiliens, des Panaméens et des Salvadoriens dans cette « brigade latino », les Colombiens y sont les plus nombreux. C’est qu’ils sont très appréciés pour leur expérience dans la lutte contre la guérilla des FARC (Forces armées révolutionnaire de Colombie), précise le New York Times. Toujours selon le quotidien américain, le recrutement est assuré par la société colombienne General Enterprises, dirigée par un ancien commandant des opérations spéciales de l’armée colombienne, Oscar Garcia Batte. Etabli à Dubaï, l’ancien officier sud-américain serait aujourd’hui co-commandant de la brigade de mercenaires latinos aux EAU et, à ce titre, présent au Yémen.

Une pratique vieille comme la guerre

Ce n’est évidemment pas la première fois que des mercenaires sont engagés dans un conflit. Vieille comme la guerre, cette pratique s’est considérablement développée ces dernières années avec les conflits d’Afghanistan et d’Irak. Dans ce dernier pays, au plus fort de la présence américaine, on a pu compoter jusqu’à plus de 100000 « contractors » sur le terrain pour épauler les GI.

Depuis l’irruption des révoltes du Printemps arabes, les monarchies du Golfe ont considérablement renforcé leur appareil sécuritaire et n’hésitent plus, comme le montre le cas yéménite, à s’engager dans un conflit. « Le recours aux mercenaires est une excellente option pour des pays riches qui veulent faire la guerre mais dont les citoyens n’ont pas envie de se battre », explique au New York Times Sean McFate du Conseil atlantique et auteur de « The Modern Mercenary ». « L’industrie du mercenariat est désormais globale », ajoute-t-il.

Salaires alléchants

Si la mission au Yémen des soldats de fortune latinos n’est pas encore très claire – autorités émiraties et Commandement central américain ayant refusé tout commentaire – le New York Times assure que les sud-américains ont rejoint d’autres mercenaires – des Soudanais – stipendiés eux par l’Arabie saoudite. Selon un témoignage anonyme d’un participant au projet de la « brigade latino », les mercenaires touchent entre 2000 et 3000 dollars par mois. Un salaire « royal » comparé aux 400 dollars qu’un militaire touche en Colombie.

Ceux qui sont déployés au Yémen toucheraient une prime de risque de 1000 dollars par semaine. Ces sommes rondelettes ont pour conséquence de priver les armées sud-américaines de leurs meilleurs éléments, assure Sean McFate. « Des éléments dont leurs pays d’origine ont besoin pour lutter contre les cartels de la drogue ».

Créé: 30.11.2015, 15h11

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