Bagdad attaque le dernier bastion de l'EI

IrakLes forces irakiennes ont lancé jeudi une offensive contre les derniers territoires occupés par les combattants djihadistes.

Les forces irakiennes veulent libérer les villages de la région d'Al-Anbar.

Les forces irakiennes veulent libérer les villages de la région d'Al-Anbar. Image: AFP

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L'armée irakienne a lancé jeudi matin l'assaut contre les derniers territoires encore contrôlés par le groupe Etat islamique (EI), près de la frontière syrienne. Elle mène aussi une offensive contre les forces kurdes dans le nord du pays.

«Les membres de Daech ont le choix entre la mort et la capitulation», a lancé le premier ministre irakien Haider al-Abadi en annonçant le déclenchement de l'offensive. Le but de celle-ci est de «libérer Al-Qaïm, Rawa et les villages et hameaux environnants» dans la région désertique de la province sunnite d'Al-Anbar (ouest).

La bataille vise également à étrangler les djihadistes dans leur dernier carré, dans la moyenne vallée de l'Euphrate qui court d'Al-Qaïm à la province de Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie. Cette offensive est menée au moment où de l'autre côté de la frontière, le régime syrien et ses alliés font également mouvement pour prendre en étau les combattants de l'organisation ultraradicale.

Paramilitaires sunnites mobilisés

Selon le général Qassem al-Mohammedi, qui dirige les opérations, les troupes massées autour de la ville d'Al-Qaïm avancent «sur quatre fronts». Les combats sont menés, a-t-il ajouté à l'AFP, par l'armée, les unités contre-terroristes (CTS), la police fédérale et le Hachd al-Chaabi, ces unités paramilitaires dominées par les chiites, créées pour suppléer les troupes régulières et soutenues par l'Iran.

En début d'après-midi, les forces gouvernementales avaient repris plusieurs bases militaires, dont l'une de l'aviation, à l'EI, au sud-est d'Al-Qaïm, selon le Commandement conjoint des opérations (JOC).

Pour cette bataille, plusieurs unités tribales sunnites du Hachd ont été mobilisées.«L'armée de l'air irakienne et l'aviation de la coalition internationale mènent des raids», a précisé le général Mahmoud al-Fellahi, commandant des opérations dans Al-Anbar.

Selon le Norwegian Refugee Council (NRC), plus de 10'000 civils fuyant Al-Qaïm sont arrivés dans des camps de déplacés près de Ramadi, dans la même province, depuis début octobre. L'Organisation internationale des Migrations (OIM) a pour sa part indiqué que 65'000 personnes avaient fui Al-Anbar depuis le début de l'année.

Offensive au Kurdistan

L'Irak s'est lancé dans cette nouvelle opération alors qu'une partie de ses troupes est mobilisée pour reprendre le contrôle de zones disputées avec la région autonome du Kurdistan dans le nord du pays.

Des combats à l'artillerie lourde opposaient jeudi combattants kurdes et forces gouvernementales en direction du poste-frontière de Fichkhabour vers la Turquie sur le tracé d'un important oléoduc, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Les combattants kurdes, les peshmergas, tiraient des obus et utilisaient des missiles anti-chars téléguidés, opposant une forte résistance à l'avancée des troupes fédérales et paramilitaires venues de Zoummar, une zone pétrolière au nord-ouest de Mossoul.

M. Abadi a ordonné à l'armée de reprendre tous les «territoires contestés». Il veut que Bagdad reprenne le contrôle des postes-frontières avec la Turquie dans le secteur de Fishkhabour. Cette région est d'un enjeu stratégique crucial, car le pétrole venant des régions kurdes et des régions sous contrôle de Bagdad s'écoule par là, via un oléoduc, en direction de la Turquie et donc des marchés d'exportation.

Ankara et Bagdad sont convenus d'ouvrir un nouveau poste-frontière. Sa construction débutera lorsque les mesures de sécurité nécessaires auront été prises, a annoncé jeudi le ministre turc des Douanes, Bülent Tufenkci, cité par l'agence de presse Anatolie.

Un pas en arrière

Le gouvernement irakien et les autorités kurdes sont en crise ouverte depuis la tenue il y a un mois d'un référendum d'indépendance dans la région autonome. Le Kurdistan a fait mercredi un pas en arrière pour tenter d'apaiser les tensions, se disant prêt à «geler les résultats» de sa consultation, où le «oui» l'a largement emporté.

Mais M. Abadi a opposé une fin de non-recevoir disant qu'il «acceptera uniquement l'annulation du référendum et le respect de la constitution». La Turquie a elle aussi estimé que la proposition kurde de geler le résultat du référendum était «insuffisante», et appelé à «annuler» ce scrutin. (ats/nxp)

Créé: 26.10.2017, 13h27

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