Moscou s’affirme en leader des armes hypersoniques

Armements Vladimir Poutine entend déployer en 2019 un missile nucléaire «indétectable» volant à Mach 20.

L’Avangard frappe «comme une météorite, comme une boule de feu», selon Poutine.

L’Avangard frappe «comme une météorite, comme une boule de feu», selon Poutine. Image: EPA

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Pouvoir frapper n’importe qui, n’importe où, n’importe quand, sans même être détecté à l’avance par des satellites ou des radars… Ce rêve de superpuissance, la Russie serait sur le point de le réaliser, à en croire Vladimir Poutine. Le président a annoncé fièrement, ce mercredi, que ses forces armées ont conduit avec succès le test final du nouveau missile hypersonique Avangard, capable de transporter des ogives nucléaires et de déjouer les systèmes de défense aérienne des États-Unis. Ce vecteur, volant à une vitesse vingt fois plus rapide que le son, sera déployé en 2019, s’est félicité le maître du Kremlin, vantant un «merveilleux, parfait cadeau de Nouvel-An pour la nation».

Si elle se confirme, cette avancée technologique constituerait un point de rupture stratégique. Ni plus ni moins. Grâce à Avangard, la Russie prendrait la tête de la course aux armes de nouvelle génération. Ou plutôt, Moscou consoliderait sa position de leader, après avoir déjà dévoilé en mars le missile hypersonique Kinjal («poignard»), volant dix fois plus vite que le son. Par comparaison, la Chine a affirmé en août avoir testé avec succès l’avion hypersonique Starry Sky 2 volant à Mach 6.

Radars impuissants

De quoi donner des sueurs froides au Pentagone, où le général quatre étoiles John Hyten, chef du commandement stratégique, avait déjà prévenu en mars que les États-Unis ne disposent pas actuellement de satellites et de radars capables de repérer des objets volant à de pareilles vitesses. De son côté, Michael D. Griffin, sous-secrétaire à la Défense pour la recherche, a confié ce mois-ci à la press­e qu’il faudrait attendre le milieu de la prochaine décennie pour disposer de parades efficaces. Enfin, les Forces aériennes des États-Unis ont signé cette année un contrat de 928 millions de dollars avec Lockheed Martin pour le développement d’un missile hypersonique. Bref, ce n’est pas pour tout de suite.

Certes, parmi les analystes militaires occidentaux, beaucoup mettent en doute la «maturité» du programme hypersonique russe. En France, par exemple, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale estime que ces nouveaux vecteurs ne seront probablement pas opérationnels avant plusieurs années. Et ce avec d’importantes limitations: petites ogives, ciblage imprécis et manque d’autonomie. Aux États-Unis, on se demande aussi combien de ces missiles Moscou a vraiment les moyens de financer. Mais une chose est sûre: la course aux armes est bel et bien relancée. Paris et Londres vont vouloir remplacer les missiles Scalp et Exocet par des vecteurs hypersoniques. Et l’Inde développe son propre programme avec l’aide de la Russie.

Pourquoi le Kremlin se montre-t-il si offensif? Vladimir Poutine a beau jeu de rappeler que Donald Trump a annoncé cette année que son pays se retirerait du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (en accusant Moscou de le violer) et que Washington laisse planer le doute sur une prolongation du traité New START de réduction des armes stratégiques, qui expire en 2021.

Bref, l’heure n’est plus à la désescalade. Mardi, l’agence russe Tass annonçait que la Russie avait commencé à tester un drone sous-marin à capacité nucléaire, baptisé Poseidon, qui pourrait théoriquement dévaster une zone côtière de la taille de Manhattan. Ambiance.

Créé: 27.12.2018, 20h58

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Les grands partis désemparés
Plus...