Moqtada Sadr dissout ses «casquettes bleues»

Irak Le leader chiite irakien a déclaré ce mardi dissoudre ses combattants impliqués dans des affrontements ayant fait huit morts parmi les manifestants antipouvoir.

Des manifestants anti-gouvernement dans la ville de Nasiriyah (6 février 2020).

Des manifestants anti-gouvernement dans la ville de Nasiriyah (6 février 2020). Image: archive/AFP

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Le leader chiite irakien Moqtada Sadr a annoncé mardi la dissolution des «casquettes bleues», les combattants officiellement non armés de son importante faction des «brigades de la paix», impliquées dans de récents affrontements ayant fait huit morts parmi les manifestants antipouvoir.

Il y a une dizaine de jours, le très versatile Moqtada Sadr avait annoncé donner sa chance au Premier ministre désigné Mohammed Allawi, retirant à la révolte populaire lancée en octobre son principal soutien politique et logistique.

Il a également appelé ses «casquettes bleues» à rouvrir écoles et administrations fermées par les militants de la désobéissance civile, s'attirant les critiques des manifestants qui jusque-là voyaient en ces combattants leur seule protection contre les factions armées pro-Iran, premiers défenseurs du gouvernement.

Il a aussi suscité l'ire du grand ayatollah Ali Sistani, figure tutélaire de la politique en Irak, qui a martelé que seules les forces de sécurité étaient habilitées à cette tâche et non les factions armées, qui sont légion dans le pays.

Depuis, le mouvement sadriste --qui tient le premier bloc au Parlement-- a nuancé son soutien à M. Allawi, semblant vouloir donner des gages aux manifestants antipouvoir toujours dans la rue malgré près de 550 morts et 30'000 blessés depuis le 1er octobre.

«Avec ceux réclamant des réformes»

D'un côté, Moqtada Sadr déclare sur Twitter mardi: «j'annonce la dissolution des casquettes bleues et je refuse que le mouvement sadriste s'invite dans les manifestations sans s'y intégrer totalement».

Et de l'autre, l'ancien chef de milice qui se trouve en Iran depuis plusieurs mois revient sur le gouvernement que Mohammed Allawi a jusqu'au 2 mars pour former.

«Nous entendons qu'il y a des pressions partisanes et confessionnelles pour former le gouvernement provisoire, nous sommes donc de moins en moins convaincus par ce gouvernement», écrit-il. «Nous pourrions le renier et tous les arracher par la racine», un de ses mots d'ordre devenu slogan phare de la «révolution d'octobre».

«Nous avons été forcés de nous taire mais nous sommes toujours du côté de ceux qui réclament des réformes», poursuit-il, alors que son mouvement affirme désormais qu'il n'a «pas soutenu» Mohammed Allawi mais simplement décidé de ne «pas lui opposer de veto».

Chute en trois jours

Son bras droit avait déjà affirmé à l'AFP samedi que les sadristes feraient «chuter en trois jours» Mohammed Allawi s'il ne composait pas son gouvernement uniquement d'indépendants.

Si au contraire, il ne s'entourait que de technocrates sans affiliation partisane et que c'était le Parlement qui faisait barrage, alors ils reprendraient leurs sit-in dans la Zone verte de Bagdad où siège l'Assemblée.

Les très nombreux partisans de Moqtada Sadr ont déjà organisé par le passé des sit-in dans ce quartier ultrasécurisé de Bagdad, paralysant de fait le pays. (AFP/nxp)

Créé: 11.02.2020, 16h53

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