La montée des eaux va toucher trois fois plus de personnes que prévu

ClimatEn 2050, selon des chercheurs américains, 300 millions d’individus seront victimes chaque année d’inondations.

Image: AFP

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Le delta du Mékong, Shanghaï, mais aussi plus près de nous New York et Londres. On sait depuis longtemps que la hausse du niveau des océans menacera demain les habitants des zones côtières. Mais les nouveaux chiffres que les scientifiques de Climate Central publient mardi dans la prestigieuse revue «Nature Communications» sont alarmants. Ils triplent les estimations actuelles qui sont de 80 millions. Et les marées hautes pourraient inonder de manière permanente les terres occupées par près de 150 millions d’individus.

«Nous avons été choqués nous-mêmes par les résultats», avoue Benjamin Strauss, coauteur de l’étude. Jusqu’à présent, les données obtenues par le radar de la navette spatiale Endeavour (SRTM) faisaient foi. Elles se heurtaient aux cimes des arbres et toits des maisons qui bloquaient la vue du sol, avec des erreurs d’estimation qui allaient jusqu’à 4 mètres de haut dans les régions urbaines très denses. Les nouvelles données, appelées dans le jargon scientifique CoastalDEM, corrigent ces erreurs notamment grâce à plus de variables, affinées par des mesures au laser (lidar) pour certains pays.

Les estimations des chercheurs se veulent prudentes car elles reposent sur des projections standard du niveau de la mer et des réductions des émissions de gaz à effet de serre à peu près conformes aux objectifs de l’Accord de Paris. Dans le scénario le plus pessimiste, à savoir des émissions non contrôlées et l’instabilité de la calotte glaciaire, ce sont 640 millions de personnes qui seraient touchées.

Asie au premier plan

Mais même avec des réductions modérées des émissions de gaz à effet de serre, les régions de six pays asiatiques (Chine, Bangladesh, Inde, Vietnam, Thaïlande et Indonésie), abritant 237 millions de personnes, pourraient faire face à des menaces annuelles d’inondations côtières d’ici à 2050.

Comme le montre la carte inter­active des zones à risques, les États-Unis et l’Europe sont aussi concernés. Bordeaux et La Rochelle en France, les côtes néerlandaises et belges, les mégalopoles comme Londres et New York, ou encore la côte sud-est, jusqu’en Floride.

C’est un nouveau cri d’alarme que lancent les chercheurs à quelques semaines de l’ouverture de la COP25 au Chili. «La réduction des émissions de gaz à effet de serre est plus urgente que jamais, estime le professeur Jean-Pascal Van Ypersele, climatologue à l’Université catholique de Louvain et ancien vice-président du GIEC. De même que le financement des efforts d’adaptation à la partie inévitable des changements climatiques.» À savoir, les digues et autres barrières naturelles ou artificielles qu’il va falloir construire ou renforcer. «Les Pays-Bas ont intégré depuis longtemps la nécessité de se préparer à une hausse du niveau des mers, et bien d’autres pays qui ont sous-estimé ce risque feraient bien de s’inspirer de l’exemple hollandais.» Selon Benjamin Strauss, «aux États-Unis, l’armée recense les digues mais il nous manque des données concernant leur hauteur et l’état dans lequel elles se trouvent».

Le chercheur ne cache pas son inquiétude. «L’élévation du niveau des mers pourrait entraîner d’importantes migrations. Je frémis à l’idée des conséquences pour la stabilité régionale et la sécurité nationale en Asie et dans le monde, si cela se produit.»

Créé: 29.10.2019, 19h20

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