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CoronavirusLe monde tente d'échapper au sort de l'Italie

Partout, les pays renforcent les barrages contre le coronavirus. Le Japon envisage désormais de reporter les Jeux Olympiques de Tokyo cet été.

AFP

Le monde tente désespérément d'échapper à la tragédie vécue par l'Italie face au coronavirus en renforçant encore lundi les barrages contre la pandémie, comme le confinement qui concerne désormais plus de 1,7 milliard de personnes, et en accélérant les recherches pour des traitements ou des vaccins.

Dans l'espoir de freiner la propagation du virus, les autorités de plus de 50 pays ou territoires appelaient plus de 1,7 milliard de personnes (dont 700 millions en Inde) à rester confinées chez elles, selon une base de données tenue par l'AFP. Elles risquent de fortes amendes ou même des peines de prison en cas de désobéissance.

Espoir sur les derniers chiffres

A Rome, Carla Basagni, une artiste retraitée de 86 ans qui vit seule dans le quartier de Trastevere, s'est organisée une petite routine pour supporter son quotidien de recluse. «Comme je ne peux pas sortir, je fais des exercices de gymnastique chez moi. Je bois au moins cinq fois par jour: j'ai cinq verres d'eau alignés dans ma cuisine, comme ça je suis sûre de ne pas oublier!», raconte-t-elle.

Son pays, le plus touché au monde avec 5476 décès et près de 60'000 cas avérés, s'accroche au mince espoir que la baisse du nombre de morts sur une journée enregistrée la veille amorce un ralentissement de la pandémie.

«Les chiffres annoncés (dimanche) sont moindres que ceux d'hier. Nous espérons tous que ces chiffres pourront être confirmés dans les jours qui viennent», a déclaré dimanche soir le patron de la protection civile Angelo Borrelli.

«Remède pire que le problème» ?

Alors qu'aux Etats-Unis le maire de New York Bill de Blasio appelait à généraliser à l'ensemble du pays les mesures de confinement coercitives adoptées dans les Etats les plus touchés, le président Trump a une nouvelle fois fait entendre sa différence, exprimant des doutes sur les restrictions mises en place face au coronavirus et déplorant leur impact sur l'économie.

«Nous ne pouvons laisser le remède être pire que le problème lui-même», a-t-il tweeté, laissant entendre qu'il était plutôt favorable à un assouplissement de ces mesures.

Sur l'épineux dossier des Jeux Olympiques d'été, prévus en juillet au Japon, la pression s'est accrue lundi en faveur d'un report. Le président de la puissante Fédération internationale d'athlétisme a estimé que les maintenir n'est «ni faisable ni souhaitable».

De son côté, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a pour la première fois reconnu qu'un report «pourrait devenir inévitable». Un à un les Etats semblent se rendre à l'évidence: cette crise sanitaire inédite sera longue, d'autant qu'un vaccin, à en croire les grands groupes pharmaceutiques, ne sera pas disponible avant 12 à 18 mois.

L'épidémie flambe en Espagne, qui a franchi lundi la barre des 2000 morts ( 462 en 24 heures). Le nombre de morts a été multiplié par plus de deux en trois jours dans le deuxième pays le plus touché d'Europe par le Covid-19, après l'Italie.

Traitements expérimentaux

Et il n'existe actuellement aucun vaccin ou traitement agréé contre le virus, qui a tué à ce jour plus de 15'000 personnes et en a contaminé plus de 324'000 dans le monde, selon un décompte de l'AFP qui ne recense que les cas officiellement déclarés.

Mais les initiatives pour trouver un remède s'accélèrent. Un essai clinique européen, baptisé Discovery, a ainsi été lancé dimanche dans au moins sept pays du Vieux continent pour tester quatre traitements expérimentaux contre le coronavirus.

En Chine, pour prévenir une deuxième vague de contamination à cause de cas «importés» (39 lundi), les passagers des vols internationaux à destination de Pékin doivent désormais effectuer une escale préalable dans une ville chinoise afin d'y subir des examens médicaux. Plus radical, Hong Kong va interdire à tous les non-résidents arrivant par avion de l'étranger d'entrer sur son territoire à partir de mercredi.

Au Royaume-Uni, où le Premier ministre Boris Johnson a mis en garde contre une accélération des contaminations, un projet de loi concernant des pouvoirs extraordinaires pour lutter contre le coronavirus doit être examiné lundi.

Idem en France où le gouvernement se prépare à prolonger le confinement de la population au-delà de la date initiale de fin mars, alors que deux autres médecins ont été victimes du virus, portant à trois le nombre de docteurs ayant perdu la vie en soignant des malades.

Echec au Sénat américain

Lundi, la Grèce (15 morts) a rejoint la cohorte des pays ayant imposé le confinement. Sa capitale Athènes ressemblait à une ville fantôme. La Nouvelle-Zélande a fait de même, mais l'Arabie Saoudite a choisi d'imposer un couvre-feu nocturne pendant trois semaines.

Aux Etats-Unis, malgré une montée en puissance des cas - 416 morts et plus de 33'000 contaminations -, l'union sacrée n'a pas prévalu au Sénat, où démocrates et républicains ont échoué à s'entendre dimanche sur un plan de relance visant à mobiliser jusqu'à près de 2000 milliards de dollars en soutien à l'économie.

En conséquence, les marchés boursiers et les cours du pétrole ont chuté lundi à l'ouverture. En Europe le rouge dominait, effaçant le petite éclaircie de fin de semaine dernière. Paris, Francfort et Londres ont perdu plus de 4%.

Le ministre allemand de l'économie a prédit que son pays serait en 2020 frappé, à cause de la pandémie, par une récession d'ampleur au moins comparable à celle de la crise financière, lors de laquelle l'activité avait reculé de 5%.

Catastrophe sanitaire

En Australie, où le spectre de la Grande dépression des années 1930 est désormais évoqué, d'immenses files de chômeurs se sont formées lundi devant les agences pour l'emploi au premier jour de la fermeture de nombreux commerces.

«Une chose inimaginable il y a seulement quelques semaines», s'est alarmé le Premier ministre Scott Morrison.

A Rio de Janeiro, le cri du coeur de Vania Ribeiro, responsable associative dans une favela, illustre la hantise d'une catastrophe sanitaire pour les plus pauvres: «On nous dit qu'il faut se laver les mains sans arrêt, mais comment faire quand l'eau courante est régulièrement coupée?».

(AFP)

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