Coronavirus: le bilan ne cesse de s'alourdir

ChineLe bilan s'élève désormais à 170 morts en Chine, tandis que le nombre de nouvelles contaminations ne cesse d'augmenter. L'OMS appelle le monde entier à agir.

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Le bilan de l'épidémie de pneumonie virale s'est alourdi à 170 morts jeudi en Chine après un bond sans précédent du nombre quotidien de décès. Parmi les nouveaux décès constatés, 37 l'ont été dans la région du Hubei et le 38e dans la province de Sichuan (sud-ouest du pays).

Il y a eu également 1032 nouveaux cas d'infection dans le Hubei, dont la capitale est la ville de Wuhan, épicentre de l'épidémie, et quelque 700 ailleurs en Chine, ont précisé les autorités sanitaires. Un premier cas a été enregistré au Tibet, a-t-on précisé.

Le bilan des contaminations s'élève à environ 7700 cas, soit davantage que le nombre - 5327 - des malades du Syndrome respiratoire aigu sévère (Sras). Ce coronavirus avait fait en 2002-2003 un total de 774 morts, dont 349 sur le territoire chinois.

L'OMS appelle à agir

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a appelé le «monde entier à agir» face au nouveau coronavirus, tiendra jeudi une réunion pour déterminer si l'épidémie «constitue une urgence de santé publique de portée internationale». Les autorités chinoises ont fait état jeudi matin de 38 décès sur les 24 heures précédentes, soit la plus forte progression quotidienne depuis le début de l'épidémie en décembre, portant le bilan à 170 morts.

Le nombre de patients contaminés a bondi à environ 7700 en Chine continentale (hors Hong Kong), dépassant désormais largement le nombre (5327) de personnes infectées en 2002 et 2003 par l'épidémie du Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère). Ce coronavirus avait alors fait 774 morts dans le monde, dont 349 en Chine continentale. Wuhan, la métropole du centre de la Chine d'où est partie l'épidémie, est désormais coupée du monde depuis une semaine, tout comme la quasi-totalité de la province environnante du Hubei.

Alors que ce cordon sanitaire draconien, imposé le 23 février, interdit à quelque 56 millions d'habitants de quitter la région, les États-Unis et le Japon ont organisé mercredi des opérations pour évacuer une partie de leurs ressortissants.

Un premier avion français devait partir dans la nuit de mercredi à jeudi à destination de Wuhan, tandis qu'un second est prévu «plus tard dans la semaine», selon la Commission européenne. Les deux appareils pourraient rapatrier au total au moins 250 Français et plus de 100 ressortissants d'autres pays européens.

D'autres pays planifient des opérations similaires: l'Italie a annoncé l'envoi d'un avion jeudi à Wuhan, Berlin prévoit l'évacuation de quelque 90 Allemands «dans les prochains jours» et le Canada va également affréter un avion. Australie et Royaume-Uni envisagent également des évacuations. La Nouvelle-Zélande a annoncé jeudi qu'elle affréterait un avion de 300 places pour évacuer ses ressortissants de Wuhan.

Trois Japonais contaminés

Les 195 Américains arrivés mercredi matin sur une base militaire californienne ont été examinés. Aucun ne présente les symptômes du virus, mais tous y resteront en quarantaine pendant 72 heures. En revanche, parmi les 206 Japonais rapatriés mercredi à Tokyo, trois ont été contaminés. Ces trois cas s'ajoutent aux huit déjà recensés précédemment dans l'archipel.

Deux des Japonais rapatriés de Wuhan ont refusé de se soumettre aux tests, ce que la loi nippone autorise. «Nous leur avons expliqué que ces tests les aideraient aussi, mais ils n'étaient pas convaincus. Nous n'avons pas de fondement juridique pour les forcer», a justifié le ministre de la Santé, Katsunobu Kato.

«Situation nouvelle»

Dans le même temps, 195 Américains évacués de Wuhan et arrivés mercredi matin sur une base militaire californienne ont été examinés. Aucun ne présente les symptômes du virus, mais tous y resteront en quarantaine pendant 72 heures. Les Îles Mariannes du Nord, territoire associé aux États-Unis, ont décidé jeudi d'interdire l'entrée des touristes chinois, qui constituent pourtant une importante ressource économique, et ce afin d'éviter l'arrivée du nouveau coronavirus.

En revanche, parmi les 206 Japonais rapatriés mercredi à Tokyo, trois ont été contaminés. Ces trois cas s'ajoutent aux huit déjà recensés précédemment dans l'archipel. Deux des Japonais rapatriés de Wuhan ont refusé de se soumettre aux tests, ce que la loi nippone autorise. «Nous leur avons expliqué que ces tests les aideraient aussi, mais ils n'étaient pas convaincus. Nous n'avons pas de fondement juridique pour les forcer», a justifié le ministre de la Santé, Katsunobu Kato.

De telles procédures peuvent paraître laxistes en comparaison de celles d'autres pays: les États-Unis ont par exemple placé leurs ressortissants évacués de Wuhan en quarantaine pendant 72 heures au moins, et la France prévoit de le faire pendant 14 jours. Si l'essentiel des contaminations ont été détectées en Chine continentale, une quinzaine d'autres États sont également touchés, avec au total environ 80 cas confirmés -- dont un cinquième cas en France mercredi.

«Le monde entier doit être en alerte, le monde entier doit agir», a insisté mercredi Michael Ryan, directeur des programmes d'urgence de l'OMS. Signal inquiétant: des transmissions interhumaines ont été enregistrée dans trois pays en dehors de Chine -- en Allemagne, au Japon et au Vietnam.

Dans ce contexte, les mesures de précaution se durcissent au niveau international: des compagnies aériennes comme British Airways, l'allemande Lufthansa, l'espagnole Iberia, ou encore l'indonésienne Lion Air (qui exploite la plus grande flotte aérienne d'Asie du Sud-Est) ont annoncé la suspension de leurs vols vers la Chine continentale. Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, l'Allemagne et les États-Unis, y ont déconseillé tout voyage. Quant à la Russie, elle va fortement limiter ses liaisons ferroviaires, ne maintenant en service que la ligne Pékin-Moscou.

Saison de football reportée

Wuhan, où la circulation des véhicules non essentiels est interdite, gardait des allures de ville fantôme. «C'est le premier jour que je sors depuis le début du confinement. Pas d'autre choix: il fallait que j'achète à manger», a raconté à l'AFP un des rares piétons à s'aventurer dans les rues. Dans le reste de la Chine, où les congés du Nouvel an lunaire ont été prolongés jusqu'au 2 février, la plupart des habitants, effrayés, désertent centres commerciaux, cinémas et restaurants.

A l'instar de plusieurs autres compétitions sportives en cyclisme et tennis, les épreuves de Coupe de monde de ski alpin prévues en Chine pour février ont été annulées et les Championnats du monde en salle d'athlétisme, qui devaient s'y dérouler à Nankin du 13 au 15 mars, ont été repoussés à 2021. La Chine a annoncé également jeudi le report de la saison 2020 de football dans le pays.

Alors que la recherche d'un vaccin - entamée en particulier en Chine et aux États-Unis - devrait prendre des mois, des scientifiques de l'Institut Doherty en Australie ont assuré être parvenus à répliquer en laboratoire le coronavirus, une étape jugée cruciale.

Au-delà du secteur aérien, l'épidémie actuelle de pneumonies virales crée des incertitudes pour l'ensemble des perspectives économiques mondiales, a souligné mercredi le président de la Fed, la banque centrale américaine, Jerome Powell. Un constat que font également les multinationales, des constructeurs automobiles aux sous-traitants informatiques en passant par l'industrie du luxe. (afp/nxp)

Créé: 30.01.2020, 02h35

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La période d'incubation moyenne se précise autour de 5 jours

La période d'incubation du nouveau coronavirus apparu à Wuhan, en Chine, est de l'ordre de 5,2 jours en moyenne. Mais elle varie grandement en fonction des patients, selon des chercheurs chinois dans l'une des études les plus larges publiées à ce jour sur l'épidémie de pneumonie virale. Le fait que l'estimation soit préliminaire et «imprécise», et fasse apparaître de grandes variations, justifie «une période d'observation ou de quarantaine de 14 jours pour les personnes exposées», écrivent les chercheurs des autorités sanitaires chinoises dans cette étude parue dans la grande revue médicale «New England Journal of Medicine» (NEJM). L'Organisation mondiale de la santé évoquait dans un bulletin lundi une fourchette de 2 à 10 jours pour l'apparition des symptômes (fièvre, toux, essoufflement, voire détresse respiratoire aiguë).

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