L’été miné de la présidence Trump, au bord du chaos

Etats-UnisCes quinze derniers jours ont été particulièrement mouvementés pour la Maison-Blanche, qui passe d’une crise à l’autre depuis l’arrivée du milliardaire dans le bureau ovale. Récit.

Donald Trump se veut rassurant.

Donald Trump se veut rassurant. Image: Keystone

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«Pas de chaos à la Maison-Blanche!» Donald Trump s’est réfugié sur Twitter le 31 juillet pour défendre le bon fonctionnement de son administration pourtant secouée par des crises quasi quotidiennes. Rien que ces quinze derniers jours, Reince Priebus, le chef de cabinet de Donald Trump, a été poussé vers la sortie par Anthony Scaramucci et abandonné sur le tarmac de la base militaire d’Andrews par ses collègues à peine son départ avait-il été annoncé par le président des Etats-Unis. Scaramucci, l’éphémère responsable de la communication de la Maison-Blanche, a lui-même été éjecté dix jours seulement après son entrée en fonction par John Kelly, le général à la retraite qui a remplacé Reince Priebus à la tête de l’administration Trump (lire ci-dessous).

Le chaos semble régner à la Maison-Blanche au 200e jour de la présidence de Donald Trump. Ce dernier reproche aux démocrates de bloquer les candidats qu’il a choisis pour son administration. Mais au 31 juillet, le président des Etats-Unis n’avait nommé que 255 personnes pour les 1100 postes dans l’Administration fédérale qui nécessitent une confirmation au Sénat, selon une enquête réalisée par l’association Partnership for Public Service à Washington.

Malgré la décision de la minorité démocrate au Sénat de débloquer jeudi le processus de confirmation de 66 candidatures (lire ci-dessous), seuls 124 employés nommés par Donald Trump ont été confirmés par le Sénat. «Même si le rythme des nominations s’est accéléré ces dernières semaines, des postes clés restent vacants dans presque toutes les agences et les départements», explique Max Stier, le patron de Partnership for Public Service à Washington. «Le président doit donner la priorité à la constitution de son équipe.»

En sous-effectif, l’administration Trump est minée par les divisions. H. R. McMaster, le conseiller de Donald Trump en matière de sécurité nationale, fait l’objet d’une cabale de l’ultra droite du Parti républicain et a dû être défendu par le président. L’ancien général est critiqué pour avoir notamment renvoyé la semaine dernière Ezra Cohen-Watnick. Ce proche de Steve Bannon, le stratège nationaliste du président, avait été impliqué ce printemps dans des fuites orchestrées pour soutenir les accusations du président des Etats-Unis, selon lesquelles Barack Obama l’aurait fait mettre sur écoute pendant la campagne électorale. Ces propos de Donald Trump avaient été contredits par James Clapper, l’ancien chef du renseignement américain.

Ces turbulences se reflètent dans un sondage réalisé la semaine dernière par le magazine Politico: 60% des Américains pensent que le chaos règne dans une Maison-Blanche déstabilisée depuis des mois par l’enquête sur les ingérences russes dans la campagne électorale américaine en 2016. Robert Mueller, un ancien patron du FBI à qui a été confiée cette investigation, semble avoir intensifié ses recherches ces dernières semaines en ayant recours à des grands jurys à Washington et en Virginie. Aux Etats-Unis, ces jurys sont chargés de déterminer si le procureur a récolté assez d’éléments pour poursuivre un prévenu.

Robert Mueller peut aussi compter sur le soutien des sénateurs républicains et démocrates face aux accusations de «chasse aux sorcières» proférées par Donald Trump. Ils ont présenté deux projets de loi la semaine dernière ayant pour but d’empêcher le président de le renvoyer comme il l’avait fait avec James Comey, le patron du FBI qui menait l’enquête sur la Russie en début d’année. Leur initiative intervient quinze jours à peine après la série d’attaques lancées par Donald Trump contre Jeff Sessions. Le président des Etats-Unis reproche au ministre de la Justice de s’être récusé de l’enquête sur la Russie.

Les remous au sein de l’administration Trump commencent apparemment à lasser les élus de la majorité républicaine. Jeff Flake, le sénateur de l’Arizona, a publié la semaine dernière Conscience d’un Conservateur, un livre qui critique l’alliance du Parti républicain avec Donald Trump. «Nous avons baissé le pavillon face à la politique de la colère, écrit le parlementaire. Ce sont les spasmes d’un parti qui se meurt.»

Créé: 06.08.2017, 18h23

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