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Des millions de civils crient famine au Yémen

Les conséquences de la guerre fratricide qui fait rage dans ce pays du Moyen-Orient inquiètent les humanitaires.

Près de 2,2 millions d'enfants sont victimes de malnutrition au Yémen, pays ravagé par la guerre depuis bientôt deux ans.
Près de 2,2 millions d'enfants sont victimes de malnutrition au Yémen, pays ravagé par la guerre depuis bientôt deux ans.
EPA

«Le conflit au Yémen constitue à présent la plus grande urgence pour la sécurité alimentaire dans le monde.» L’Organisation des Nations Unies alertait le monde vendredi du risque de famine qui frappe l’Etat, déchiré par un conflit depuis deux ans. Près de 14 millions de personnes, soit 80% de la population du pays, souffre de malnutrition. Deux millions de Yéménites n’ont plus accès à l’eau. Particulièrement fragiles, les enfants sont 2,2 millions à être victimes de la faim. Un petit de moins de 10 ans meurt toutes les dix minutes de causes évitables, selon l’ONU.

Le conflit entre la coalition internationale, menée par l’Arabie saoudite et les rebelles houthis soutenus par l’Iran, a débuté en mars 2015. La fermeture de l’aéroport de Sanaa a pesé lourd sur le sort des civils, car les médicaments ne peuvent plus être acheminés par avion. «Tous les jours, 20 personnes en moyenne meurent de blessures légères, comme des infections, qui ne peuvent plus être traitées», dénonce Iolanda Jaquemet, employée au Comité international de la Croix-Rouge (CICR). «Les personnes souffrant de maladies chroniques, comme le diabète, ne peuvent plus être soignées.» La mortalité infantile a augmenté de 150% depuis le début du conflit. Plus de la moitié des structures de santé du Yémen ont été détruites. «Elles sont parfois visées directement par les bombardements, ou ferment par manque de personnel. On assiste à une dégradation générale de l’état de santé du pays.»

Si le CICR n’utilise pas encore le terme de famine, «il est certain que l’insécurité alimentaire est très grave. Le prix du blé a doublé et seulement la moitié des importations de nourriture peuvent être effectuées.» L’accès à l’eau est péjoré, lui, par l’absence de fioul et donc d’électricité.

Le CICR, présent de longue date sur le terrain yéménite, déclare qu’aujourd’hui «70% de la population locale a besoin d’une aide humanitaire pour survivre». Il appelle les parties au combat à faciliter l’accès aux ressources humanitaires. Un appel partagé par l’ONU, qui demande un cessez-le-feu. «Les combattants ne semblent pas du tout enclins à collaborer», déplore Iolanda Jaquemet.

La guerre au Yémen a déjà causé la mort de près de 10 000 civils. L’ONU a notamment dénoncé l’utilisation par la coalition de bombes à sous-munitions. Particulièrement dangereux pour les civils, ces missiles répandent de nombreux éclats et n’explosent pas toujours en vol, représentant un danger supplémentaire au sol.

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