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Des militants anti-Etat inquiètent l’Autriche

Un retraité comparaissait ce lundi pour résistance à l’autorité publique et menaces dangereuses. Des faits qui se multiplient.

«Je reconnais l’autorité de ce tribunal», a finalement déclaré Alfred S. L’ancien membre du mouvement anti-Etat One People’s Public Trust (OPPT) a reconnu avoir menacé de nombreux fonctionnaires pour échapper à des poursuites judiciaires. Son repentir lui a évité la prison; il restera douze mois en probation. Le cas de ce retraité n’est pas isolé: les organisations anti-Etat, qui nient la légitimité des lois, sont un casse-tête pour les autorités.

Chaque mois, jusqu’à 150 citoyens déclarent «résilier» leur appartenance à l’Etat autrichien et 20 000 autres seraient susceptibles de leur emboîter le pas, selon les estimations officielles. Le Ministère de l’intérieur a décidé de sévir, espérant un effet dissuasif, avec trois arrestations en janvier. Un amendement est également en préparation, pour pénaliser ce nouveau genre de forfait.

«Terrorisme de papier»

Le ministre de l’Intérieur, le conservateur Wolfgang Sobotka, y voyait récemment un «terrorisme du papier». Les renégats de l’Etat, qui refusent de payer impôts et amendes, ensevelissent en effet les administrations sous leurs missives, simplement farfelues ou carrément inquiétantes. Ainsi, Alfred S. a multiplié les lettres menaçant les agents de l’Etat de leur imputer des dettes, imaginaires, de plusieurs milliers d’euros. Dans des cas similaires, de malheureux «débiteurs» se sont réellement retrouvés assignés à payer par des tribunaux, grâce à une astuce juridique.

Ce procédé, impliquant un registre de dettes américain (UCC), est prôné par des organisations anti-Etat comme un mode de représailles contre les élites financières et politiques, accusées des pires complots à l’échelle mondiale. Proches des sectes, ces structures recrutent en jouant d’arguments hétéroclites, de l’ésotérisme au pangermanisme antisémite. Elles surfent sur le succès des idées antisystème, qu’elles poussent à l’extrême. Après l’OPPT ont émergé ces dernières années en Autriche des versions locales. Ainsi, le «Staatenbund» a essaimé dans tout le pays depuis sa création en 2015, en réaction à l’ouverture temporaire des frontières aux réfugiés.

Nostalgiques du Reich

Lors d’une réunion à Vienne la semaine dernière, quelque 70 enthousiastes en applaudissaient la cheffe de file. Pour échapper aux traîtrises de l’«entreprise Autriche», accusée de spolier ses «esclaves» de millions d’euros, Monika Unger propose, pour la modique somme initiale de 10 euros, un refuge dans le nouvel Etat proclamé par elle, la «Confédération».

Sa devise: «Amour, Vérité, Clarté.» En réalité, les discours de la soirée révélaient plutôt: nostalgie du Reich, agressivité, appel à l’action. Et si le délire tournait à la violence? Jusqu’ici, aucun acte grave n’est à déplorer en Autriche. Mais, en octobre, un policier est décédé en Allemagne suite à un raid au domicile d’un militant anti-Etat d’une mouvance similaire, les Citoyens du Reich.

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