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Migrants: un «passeur» français risque la prison

Un tribunal italien rend son verdict, jeudi, sur un bénévole français ayant transporté des clandestins. Il risque 3 ans de prison.

Un tribunal italien doit rendre son verdict sur un bénévole français contre lequel le parquet a requis 3 ans et 4 mois de prison pour avoir tenté de conduire une famille soudanaise en France. (Jeudi 27 avril 2017)
Un tribunal italien doit rendre son verdict sur un bénévole français contre lequel le parquet a requis 3 ans et 4 mois de prison pour avoir tenté de conduire une famille soudanaise en France. (Jeudi 27 avril 2017)
AFP
Le pacte UE-Turquie a transformé ce pays en «un terrain d'essai des politiques européennes qui bafouent les droits» des réfugiés, ont dénoncé plusieurs ONG. (Jeudi 16 mars 2017)
Le pacte UE-Turquie a transformé ce pays en «un terrain d'essai des politiques européennes qui bafouent les droits» des réfugiés, ont dénoncé plusieurs ONG. (Jeudi 16 mars 2017)
Keystone
L'Organisation internationale pour les migrants (OIM) et le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) fait état de 1 005 504 entrées de migrants en Europe, par voies maritime et terrestre, sur l'année 2015.
L'Organisation internationale pour les migrants (OIM) et le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) fait état de 1 005 504 entrées de migrants en Europe, par voies maritime et terrestre, sur l'année 2015.
AFP
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Le tribunal italien d'Imperia (nord-ouest) doit rendre jeudi son verdict sur Félix Croft, un bénévole français contre lequel le parquet a requis 3 ans et 4 mois de prison pour avoir tenté de conduire une famille soudanaise en France.

Après les poursuites engagées contre d'autres militants en France, cette affaire est une première côté italien dans la région de Vintimille, qui a vu transiter ces dernières années des milliers de migrants débarqués en Italie et cherchant à gagner le nord de l'Europe.

Niçois de 28 ans, Félix Croft a été arrêté le 22 juillet 2016 du côté italien avec une famille de cinq Soudanais du Darfour -le père, la mère enceinte, deux enfants et un oncle- qu'il avait rencontrés par hasard dans un centre d'accueil de Caritas et décidé de ramener en France.

Inquiet

Dans son réquisitoire prononcé mi-mars, la procureure Grazia Pradella a requis 3 ans et 4 mois de prison ferme et 50'000 euros d'amende pour avoir transporté des clandestins, rejetant tout «état de nécessité».

En l'absence, contrairement à la France, d'une clause humanitaire pour l'aide désintéressée aux migrants, la défense a en effet invoqué ce point de droit qui autorise un délit s'il est commis en dernier ressort pour éviter de graves dommages à des personnes.

«Ces personnes pouvaient demander d'activer les procédures pour le droit d'asile (en Italie) mais elles ont exprimé la volonté de rester clandestines», a répliqué la procureure. «Je ne considérerai jamais avoir fait quelque chose de mal ou contraire à la loi», a pour sa part assuré Félix Croft en rencontrant l'AFP quelques jours avant le verdict. D'un naturel moqueur et ironique, il s'est pourtant dit inquiet.

«Ca me fait un peu flipper, ma roue de secours est crevée!», a-t-il expliqué, soulagé uniquement par les assurances de ses avocats italiens sur le fait que le tribunal n'ordonnerait pas son incarcération à l'issue du verdict, attendu dans l'après-midi.

«Pas une peine symbolique»

Réticent au départ à médiatiser son affaire, ce jeune homme à la barbichette observe aujourd'hui avec un certain soulagement que la liste de ses soutiens s'allonge et que «ça commence aussi à bouger côté italien».

En France, un collectif de soutien a dénoncé «l'énormité des peines requises», rappelant que côté français, le tribunal de Nice a condamné l'agriculteur militant Cédric Herrou à 3000 euros d'amende avec sursis pour avoir aidé des dizaines de migrants à venir d'Italie.

«Moi, c'est pas une peine symbolique mais de la prison ferme que la procureur a demandée, comme pour quelqu'un qu'on veut retirer de la société», a regretté Félix Croft, dénonçant «un procès politique».

Très engagé à gauche

Né à Nice d'une mère française d'origine italienne adorant les voyages et d'un père américain, le jeune homme a grandi à Cagnes-sur-mer, passé un CAP de charpente navale et d'ébéniste et tenté deux fois en vain le concours d'infirmier.

Il vit au gré de ses besoins, de ses droits au chômage et de divers emplois, caissier, BTP, intérimaire ou encore pêche aux homards l'été dans le Maine, dans le nord-est des Etats-Unis, où son père vit désormais.

Militant des Nuits Debouts contre la loi Travail, engagé à gauche depuis toujours tendance radicale de Jean-Luc Mélenchon, il n'a pas laissé ses démêlés judiciaires en Italie refroidir son ardeur: le 16 avril, il était à Menton pour manifester pour l'ouverture des frontières, ce qui lui a valu 19 heures de garde à vue.

En Italie, son procès arrive au moment d'un changement d'humeur vis-à-vis de l'aide aux migrants, qui continuent de débarquer par milliers chaque semaine.

Si le maire de Vintimille a finalement annulé il y a quelques jours son décret interdisant de donner à manger aux migrants, le procureur de Catane (Sicile) multiplie depuis plusieurs semaines les déclarations menaçantes contre les ONG affrétant des bateaux de secours en mer.

(AFP)

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