Migrants: l’Allemagne en modèle de l’accueil

EuropeLe pays pourrait accueillir jusqu’à 600 000 réfugiés cette année. Mais Berlin en appelle à une politique européenne commune.

L'afflux record de réfugiés cette année n'inquiète pas l'Allemagne. (Photo d'illustration)

L'afflux record de réfugiés cette année n'inquiète pas l'Allemagne. (Photo d'illustration) Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

L’Allemagne reste encore sereine face à l’augmentation du nombre de réfugiés arrivant sur son territoire. Mais cet afflux record – jusqu’à 600'000 cette année – commence à inquiéter les autorités qui cherchent des solutions pour réduire les demandes d’asile. La dernière proposition est venue du ministre de l’Intérieur, qui a évoqué une réduction de l’argent de poche pour dissuader les réfugiés en provenance des Balkans (30%) de venir en Allemagne.

Selon les experts et les ONG, les Allemands se montrent néanmoins beaucoup plus accueillants que dans les années 90, lors de la guerre de Yougoslavie, lorsqu’ils avaient reçu jusqu’à 400'000 réfugiés dans le contexte économique difficile de l’après-réunification. Cette générosité est difficile à quantifier, mais on ressent bien en Allemagne une volonté de relever ce défi humanitaire et donner une image positive du pays. Des milliers d’Allemands offrent volontairement leur aide à l’administration, proposent des cours aux enfants ou accueillent des familles chez eux.

Des initiatives saluées par les organisations caritatives alors que la violence contre les migrants continue de progresser avec plus de 200 attentats perpétrés au cours des six premiers mois contre des bâtiments destinés à l’accueil de réfugiés, soit plus que l’ensemble de l’année précédente. Angela Merkel a condamné de nouveau dimanche ces attaques. «Cela est indigne d’un pays comme le nôtre», a insisté la chancelière. «Tout être humain qui arrive en Allemagne a le droit d’être traité comme tel», a-t-elle ajouté.

Surtout, le pays a pris conscience qu’il était urgent de réagir pour éviter une crise humanitaire. Les directeurs de centres sont régulièrement contraints de fermer les portes pour cause de saturation. L’Office fédéral des migrations et des réfugiés (BAMF) est au bord de l’explosion. L’Etat a promis de doubler le nombre d’employés de cette administration chargée de gérer les demandes d’asile et de répartir équitablement les réfugiés sur l’ensemble du territoire.

L’Allemagne reste la première destination européenne devant la Suède, l’Italie et la France, avec plus de 200'000 dossiers déposés en 2014 (mais 7e par le nombre d’habitants). «Il ne s’agit pas seulement de finances, a insisté la chancelière. Nous avons besoin d’une mobilisation de tout notre personnel.» Les policiers et les enseignants à la retraite ont repris du service pour aider à la gestion des dossiers. Même la Bundeswehr, l’armée allemande, a été mise à contribution. La ministre de la Défense, Ursula von der Leyen, a promis de fournir 7000 places en mettant à disposition des casernes ou des tentes militaires.

L’Allemagne refuse néanmoins de faire toute seule des efforts et réclame une «solution européenne». «Après le plan de sauvetage de la Grèce, c’est le projet le plus important pour l’Union européenne. Nous devons montrer que nous sommes en mesure de gérer ensemble le problème», a insisté dimanche Angela Merkel. Les Allemands souhaitent notamment l’établissement d’une liste commune des pays considérés comme «sûrs». Les Allemands pourraient bientôt rayer de la liste la Bosnie-Herzégovine, la Serbie et l’Albanie, ce qui permettrait à l’administration de ne pas traiter les demandes.
Christophe Bourdoiseau Berlin

(TDG)

Créé: 17.08.2015, 19h01

Articles en relation

En Allemagne, Reem Sahwil donne un visage aux requérants

Asile Les larmes de cette écolière palestinienne lors d’un débat avec Angela Merkel ont ému outre-Rhin. Portrait. Plus...

Paid Post

Le casual dating est-il fait pour vous?
L’idée d’une rencontre purement sexuelle sans aucun engagement peut paraître séduisante, mais une petite mise au point s’impose.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

L'accord sur le Brexit divise le gouvernement britannique
Plus...