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Ils manifestent avec bébé: privés de droits parentaux

Le Parquet russe veut priver de droits parentaux un couple ayant participé avec leur enfant à une manifestation de l'opposition à Moscou.

Le couple avait participé à une manifestation de l'opposition fin juillet à Moscou.
Le couple avait participé à une manifestation de l'opposition fin juillet à Moscou.
Keystone

Le Parquet russe a demandé mardi qu'un couple soit privé de la garde de son bébé pour avoir participé à une manifestation de l'opposition fin juillet à Moscou, provoquant de vives critiques.

«Il est établi que le 27 juillet, le couple a participé illégalement à un rassemblement non autorisé avec son jeune fils d'un an. Au cours du rassemblement, les parents ont confié l'enfant à une tierce personne, ce qui mettait en danger la santé et la vie de l'enfant», a annoncé le Parquet dans un communiqué.

En conséquence, le Parquet a demandé «la privation des droits parentaux des deux conjoints sur leur enfant», précise ce communiqué, qui ajoute que «des contrôles sont en cours concernant d'autres personnes ayant pris part à des évènements de masse avec leurs jeunes enfants».

L'opposition russe se mobilise depuis plusieurs semaines à l'approche des élections locales du 8 septembre, dont a été exclue la quasi-totalité des candidats d'opposition au motif que les signatures de soutien qu'ils avaient récoltées contenaient des vices de forme.

1000 interpellations

Plusieurs manifestations ont été organisées mais la réponse des autorités s'est révélée très ferme : les deux derniers rassemblements se sont soldés par plus de 1.000 interpellations, tandis que les figures de l'opposition ont reçu de courtes peines de prison. Une enquête pour «troubles massifs» a également été ouverte, une infraction pouvant conduire selon la loi russe jusqu'à 15 ans de prison.

Le Comité d'enquête russe avait indiqué lundi qu'un participant à la manifestation du 27 juillet avait évité une arrestation en prenant dans ses bras le bébé de quelqu'un d'autre. Un mandat d'arrêt a été lancé contre lui.

La suggestion du Parquet, qui avait appelé la semaine dernière à réagir «avec sévérité» aux manifestations non autorisées, a immédiatement provoqué des réactions outrées. «C'est complètement inacceptable. Une ligne a été franchie», a déclaré à la radio Ekho Moskvy le médiateur pour les droits des enfants à Moscou, Evguéni Bounimovitch, ajoutant que l'attitude des parents «ne constitue pas un prétexte pour priver quiconque de ses droits parentaux».

«Cela créerait un dangereux précédent», a de son côté déclaré le président du Conseil consultatif pour les droits de l'homme auprès du Kremlin, Mikhaïl Fedotov, cité par l'agence de presse Interfax.

(AFP)

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