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ViolencesL'Egypte fête sa «révolution» dans un bain de sang

Au moins 5 personnes ont été tuées et 370 blessées vendredi dans des affrontements entre manifestants hostiles au pouvoir Morsi, alors que le pays marquait le deuxième anniversaire du début du soulèvement qui a renversé Moubarak.

Mohamed Morsi sera jugé le 16 février pour «espionnage». (21 janvier 2014)
Mohamed Morsi sera jugé le 16 février pour «espionnage». (21 janvier 2014)
Reuters
Le président islamiste Mohamed Morsi, destitué par l'armée et actuellement jugé pour la mort de manifestants, comparaîtra aussi pour «espionnage» en vue de mener des «actions terroristes» impliquant des groupes jihadistes. (18 décembre 2013)
Le président islamiste Mohamed Morsi, destitué par l'armée et actuellement jugé pour la mort de manifestants, comparaîtra aussi pour «espionnage» en vue de mener des «actions terroristes» impliquant des groupes jihadistes. (18 décembre 2013)
AFP
(25 janvier)
(25 janvier)
AFP
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Les cinq personnes ont été atteintes par balle à la poitrine et au ventre à Suez (nord-est), ont indiqué des médecins de l'hôpital de la ville.

Plus de 370 autres ont été blessées dans des heurts dans neuf gouvernorats d'Egypte, selon le ministère de la Santé. Il n'est pas précisé si ces bilans incluent des policiers.

Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène dans plusieurs villes, dont Le Caire et Alexandrie (nord).Ce regain de tension dans la crise opposant entre le président islamiste Mohamed Morsi, qui se prévaut d'avoir été démocratiquement élu en juin, et l'opposition qui l'accuse de dérive autoritaire, est aggravé par les lourdes difficultés économiques que traverse le pays.

Tirs de gaz

En fin de soirée, la place Tahrir, dans le centre de la capitale, était largement désertée par les manifestants en raison de la densité des tirs de gaz.

Ce regain de tension dans la crise opposant le président islamiste Mohamed Morsi qui se prévaut d'avoir été démocratiquement élu en juin dernier, et l'opposition qui l'accuse de dérive autoritaire, est aggravé par les lourdes difficultés économiques que traverse le pays.

Des accrochages sporadiques entre groupes de jeunes et forces de l'ordre ont eu lieu toute la journée aux abords de la place Tahrir où des milliers de personnes se sont massées.

Une énorme pancarte était déployée sur la place avec l'inscription «Le peuple veut faire tomber le régime», tandis que la foule scandait «dégage, dégage!» à l'encontre de Mohamed Morsi, comme pour Hosni Moubarak il y a deux ans.

Jets de pierres

«On n'a pas fait la révolution pour qu'un groupe corrompu en remplace un autre», lançait une manifestante, Maha Kamal, 40 ans, voile turquoise et drapeau égyptien à la main.

«L'Egypte a besoin d'une nouvelle révolution pour les jeunes et pour une vraie démocratie», affirmait un autre manifestant, Chawki Ahmed, 65 ans. Des manifestants ont également jeté des pierres sur un immeuble abritant les locaux du site internet des Frères musulmans, la formation dont est issu Mohamed Morsi.

D'autres se sont rendus près du palais présidentiel, où la police a tenté de les disperser avec du gaz lacrymogène.

La chaîne de télévision Sky News Arabia a indiqué dans un communiqué qu'une de ses correspondantes, Aya Radi, avait été attaquée par des inconnus à Alexandrie et légèrement blessée pendant qu'elle couvrait les événements dans cette ville.

«Pain, liberté, justice sociale»

A Ismaïliya (nord-est), des manifestants ont mis le feu au siège local du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), la formation politique des Frères musulmans, et envahi le siège du gouvernorat.

Des bâtiments publics ont également été la cible des contestataires à Damiette (nord) et Kafr el-Cheikh (delta du Nil).

L'opposition, composée de mouvements en majorité de gauche et libéraux et qui affiche une unité encore précaire, avait appelé à défiler en reprenant les mêmes mots d'ordre qu'il y a deux ans : «Pain, liberté, justice sociale».

Le climat s'est fortement envenimé depuis fin novembre, date à laquelle M. Morsi s'est doté provisoirement de pouvoirs exceptionnels, puis a poussé les feux pour faire passer une Constitution rédigée par une commission à dominante islamiste.

Le texte, adopté par référendum en décembre, continue d'être vivement critiqué par l'opposition qui estime qu'il ouvre la voie à une islamisation accrue de l'Egypte et porte atteinte à certaines libertés.

«Jour de la Révolution»

Jeudi soir, Mohamed Morsi avait appelé ses compatriotes à célébrer «de manière pacifique et civilisée» cette journée décrétée «Jour de la Révolution», dans une allusion au soulèvement qui avait débuté le 25 janvier 2011.

Les Frères musulmans n'avaient pas officiellement appelé à manifester vendredi, préférant commémorer le «Jour de la Révolution» par des initiatives sociales et caritatives.

Le contexte est alourdi par l'annonce attendue samedi du jugement dans le procès des responsables présumés de la mort de 74 personnes à l'issue d'un match de football à Port-Saïd (nord-est) en février 2012.

Les «Ultras» du club cairote d'al-Ahly, qui assurent compter la grande majorité des victimes, menacent de manifestations violentes et d'une «nouvelle révolution» s'ils n'obtiennent pas justice.

Malade et condamné à la prison à perpétuité, Hosni Moubarak, 84 ans, attend un nouveau procès.

(AFP)

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