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Londres durcit sa gestion des immigrés irréguliers

L’internement dans un centre d’expulsion d’un ex-Yougoslave à Londres depuis vingt-sept ans indigne des Britanniques.

Selon l'organisation Right to Remain, Theresa May a fièrement créé un environnement hostile aux migrants.
Selon l'organisation Right to Remain, Theresa May a fièrement créé un environnement hostile aux migrants.
Keystone

Stojan Jankovic dort depuis jeudi dernier dans un centre d’expulsion pour immigrés de la côte sud-ouest de l’Angleterre. «Je me suis rendu ce matin-là, comme chaque mois depuis 2011, au centre de déclaration du Ministère de l’intérieur», nous a raconté au téléphone ce résident londonien de 53 ans. «Mais au lieu de tamponner ma feuille, ils m’ont placé dans un fourgon. C’est un peu de ma faute: arrivé au Royaume-Uni en 1991, je n’ai jamais rempli les documents nécessaires pour régulariser ma situation.»

Il devait être expulsé à partir de mardi, mais l’agitation provoquée par son internement lui a permis d’obtenir quatorze jours pour préparer sa défense. Son employeur, le patron d’une épicerie bio du centre de Londres, où il travaille depuis 2002, a en effet rapidement lancé une pétition réclamant sa libération. Mercredi, elle avait été signée par 26 000 personnes.

Cette indignation a été provoquée par la date de son arrestation, le lendemain de l’enclenchement de l’article 50, et par sa situation personnelle. «Je ne suis jamais sorti du Royaume-Uni au cours de ces vingt-sept dernières années», rappelle-t-il. «Ici, j’ai des amis, un travail qui me permet de vivre chichement. Lorsque j’ai quitté ma ville de Novi Sad, elle se situait en Yougoslavie. Je n’ai donc pas de passeport serbe. Rien ne m’y attend puisque la moitié de mes amis et de ma famille sont morts pendant les conflits des années 90, si ce n’est une vie aux crochets de ma mère retraitée.»

Cette situation ne surprend guère l’organisation Right to Remain (Droit de rester). «Avec l’introduction de frontières internes comme la vérification des cartes d’identité par les propriétaires de logements, dans les hôpitaux et même les écoles, l’ancienne ministre de l’Intérieur Theresa May a fièrement créé un environnement hostile aux migrants», estime sa porte-parole. «Le Brexit ayant été gagné en accusant les immigrés d’être responsables de la dégradation des services publics, en fait provoquée par la politique d’austérité du gouvernement, le Ministère de l’intérieur pense peut-être avoir le mandat d’incarcérer les migrants et de les traiter comme des citoyens de seconde classe.»

Dans son malheur, Stojan Jankovic perçoit cependant une note d’espoir: «Une telle mobilisation en ma faveur n’aurait sans doute pas eu lieu avant le référendum.» Le Brexit aurait-il sorti une partie des Britanniques de leur torpeur?

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