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Etats-UnisLiberty Reserve : prison pour le fondateur

Il était accusé d'avoir blanchi des centaines de millions de dollars pour des criminels du monde entier.

Arthur Budovsky, fondateur de Liberty Reserve, lors de son arrestation en Espagne en mai 2013. Il a été condamné à 20 ans de prison aux Etats-Unis. (Vendredi 6 mai 2016)
Arthur Budovsky, fondateur de Liberty Reserve, lors de son arrestation en Espagne en mai 2013. Il a été condamné à 20 ans de prison aux Etats-Unis. (Vendredi 6 mai 2016)

Le fondateur de la plateforme financière numérique Liberty Reserve, accusé d'avoir blanchi des centaines de millions de dollars pour des criminels du monde entier entre 2005 et 2013, a été condamné vendredi 6 mai à 20 ans de prison à New York.

Arthur Budovsky, 42 ans, avait plaidé coupable de complot de blanchiment d'argent le 29 janvier dernier, trois jours avant le début prévu de son procès.

Basée au Costa Rica, Liberty Reserve, conçue en 2001 à New York par Budovsky et son complice Vladimir Kats, était une plateforme de paiement électronique utilisant la monnaie numérique du même nom (LR), permettant d'envoyer et de recevoir, via internet, de l'argent de et à n'importe qui, anonymement, quel que soit le montant, n'importe où dans le monde, en dehors de toute réglementation. Elle était devenue opérationnelle fin 2005.

300 millions de dollars par mois

L'«empire» conçu par Budovsky qui en supervisait les opérations et la stratégie avait «expressément été créé pour faciliter le blanchiment d'argent à grande échelle pour les criminels du monde entier», a déclaré vendredi soir le procureur de Manhattan Preet Bharara, en annonçant sa condamnation dans un communiqué.

Au plus fort de ses activités fin 2012, le volume des transactions sur Liberty Reserve, fermée en mai 2013, atteignait 300 millions de dollars par mois, selon les autorités américaines.

Au moment de sa fermeture, elle avait plus de 5,5 millions de comptes d'utilisateurs dans le monde, dont plus de 600'000 aux Etats-Unis, et avait enregistré plus de 78 millions de transactions financières, d'une valeur totale de plus de 8 milliards de dollars, selon la même source.

Citoyenneté costaricienne

Budovsky, qui avait renoncé à sa citoyenneté américaine en 2011 et adopté celle de sa femme costaricienne pour essayer d'éviter les poursuites aux Etats-Unis, avait été arrêté en Espagne en mai 2013. Il avait été extradé vers les Etats-Unis en octobre 2014.

Lorsqu'il avait plaidé coupable, il avait reconnu avoir blanchi entre 250 et 550 millions de dollars en liaison avec les comptes de Liberty Reserve aux Etats-Unis.

Six autres responsables ou ex-responsables ont également été inculpés dans ce que les autorités américaines avaient qualifié en mai 2013 de «plus importante» affaire de blanchiment jamais traitée par les Etats-Unis, avec la coopération policière de 17 pays.

Pas de «vrais remords»

En imposant sa peine de prison, la juge fédérale Denise Cote a souligné que Budovsky n'avait pas montré de «vrais remords», et que ses crimes avaient fait un nombre «incalculable de victimes de fraude à travers le monde».

Deux co-accusés, Maxim Chukharev et Mark Marmilev, qui avaient également plaidé coupable, ont été condamnés respectivement à trois et cinq ans de prison.

La peine de Vladimir Kats et d'un autre accusé, Azzeddine El Amine, devrait être prononcée le 13 mai. Les deux derniers accusés n'ont pas été arrêtés.

(AFP)

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