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Le Liban demande de l’aide pour supporter le poids des réfugiés syriens

La présence massive de réfugiés syriens au Liban est «une bombe à retardement», a averti Saad Hariri à Bruxelles.

Saad Hariri, premier ministre du Liban.
Saad Hariri, premier ministre du Liban.
Keystone

La reconstruction de la Syrie et l’aide aux pays voisins pour faire face à la crise ont été les thèmes principaux du sommet international qui s’est déroulé mardi et mercredi à Bruxelles. Mais la question de la gestion des réfugiés et leur éventuel retour à plus long terme ont également été au cœur des discussions portées par les représentants de certains pays affectés de plein fouet par le conflit. C’est le cas notamment du Liban, qui accueille plus de 1,5 million de réfugiés, soit le tiers de sa population, en plus des 400 000 Palestiniens vivant sur son sol depuis les années 60.

Le premier ministre, Saad Hariri, en tournée européenne depuis lundi, a qualifié cette présence massive de réfugiés de «bombe à retardement» pour son pays, le plus petit de la région. En plus des blocages politiques – le pays est resté sans chef d’Etat pendant deux ans et demi – et des incidents sécuritaires, la guerre en Syrie a eu un impact profond sur le Pays du Cèdre et son économie. «Le taux de croissance est passé de 8% avant la crise à un peu plus de 1%. Depuis le début du conflit, le Liban a perdu 18 milliards de dollars. Le taux de pauvreté a atteint 30%, le chômage a doublé, atteignant les 20% sur l’ensemble de la population et 30% chez les jeunes», a martelé Saad Hariri mercredi à Bruxelles devant les représentants de 70 pays et organisations internationales.

En outre, «500 000 jeunes Syriens et Libanais sont en danger car le mécontentement social augmente (…) tandis que les tensions entre les deux communautés atteignent un niveau dangereux», a-t-il ajouté en présentant un plan d’investissement pour des projets susceptibles de créer des emplois pour les Libanais et les réfugiés. Beyrouth aurait ainsi besoin de plus de 10 milliards de dollars sur sept ans.

Le premier ministre libanais a par ailleurs évoqué la nécessité d’un éventuel retour des réfugiés dans des zones stables en Syrie. «Ces zones seraient érigées dans le cadre d’une solution politique globale au conflit sous l’égide des Nations Unies et des grandes puissances. Dans une configuration qui garantit la sécurité et les droits les plus basiques, le gouvernement libanais pourrait envisager un retour graduel des réfugiés qui vivent sur son sol», a expliqué Nadim el Mounla, conseiller du premier ministre aux affaires des déplacés. Cette revendication s’inscrit indirectement dans le cadre de pourparlers entre Washington et Moscou visant à mettre fin au conflit et à créer d’éventuelles zones sécurisées en Syrie.

Après l’attaque chimique menée mardi à Idlib et l’offensive surprise des djihadistes la semaine d’avant à Damas, considérée pourtant comme une zone sûre, ce projet ainsi que le retour des réfugiés paraissent totalement irréalistes. Ces rebondissements ont révélé au grand jour l’insécurité persistante qui règne en Syrie.

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