Les écotaxes restent marginales dans l'UE

EnvironnementAlors que Paris vient de décider de taxer les vols au départ de la France, voici un tour d'horizon des pays de l'Union européenne qui appliquent une écotaxe.

Paris impose une écotaxe sur les billets d'avion.

Paris impose une écotaxe sur les billets d'avion. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les écotaxes, fiscalité verte que la France compte alourdir dès 2020, peinent à se développer dans l'Union européenne. Elles se heurtent régulièrement à des mouvements de contestation.

Le gouvernement français compte mettre en place une écotaxe de 1,50 à 18 euros (1,6 à 20 francs) sur les vols au départ de la France et réduire un avantage fiscal accordé aux transporteurs routiers sur le gazole.

La Lettonie est le pays de l'Union le plus en pointe en matière d'écotaxes. En 2017, selon l'Office européen des statistiques Eurostat, quelque 11,11% de ses recettes fiscales provenaient d'impôts environnementaux. Ceux-ci, soutenus par l'opinion publique, ont permis à ce pays balte d'accélérer le «verdissement» de son économie.

Luxembourg à la traîne

La Slovénie et la Grèce sont également en avance, avec respectivement 10,13% et 9,5% de recettes fiscales environnementales. Ces pays sont largement au-dessus de la moyenne européenne (5,97%).

A l'autre bout de l'échelle, c'est le Luxembourg qui mise le moins sur la fiscalité verte (4,25%). L'Allemagne (4,46%), la Belgique (4,74%), la France (4,77%) et la Suède (4,8%) ne font guère mieux.

En 2011, la Commission européenne préconisait, à horizon 2020, un «recentrage sur la taxation environnementale», qui devait permettre «un allégement considérable de la taxation du travail». En vain. Depuis, la part des recettes fiscales environnementales dans l'Union, qui s'élevait à 6,18%, a baissé quasiment chaque année. Les écotaxes ont tout de même généré 369 milliards d'euros de recettes en 2017 dans l'Union européenne.

Diverses variantes d'écotaxes

En Allemagne, la fiscalité verte repose sur des réformes de 1999 et 2000. Les Allemands paient notamment une taxe sur l'électricité, baptisée «EEG-Umlage», de 6,405 centimes par kilowattheure. Elle finance directement les infrastructures d'énergies renouvelables.

En Hongrie, une écotaxe est prélevée, via la TVA, sur les produits générant des déchets, comme les sacs plastiques, les batteries, les prospectus, les emballages... Elle s'échelonne de 20 et 2000 forints (six centimes à six euros) par kilogramme selon le produit taxé.

La Bulgarie prélève des écotaxes à l'enregistrement des véhicules, de 125 leva (71 francs) à 310 leva (176 francs), selon l'âge de la voiture. Les véhicules électriques en sont exemptés.

De leur côté, les Grecs paient depuis 2018 pour les sacs plastiques des supermarchés. Cette mesure est bien acceptée et les experts observent une réduction «significative» du nombre de ces sacs. Selon le gouvernement, les recettes seront affectées à l'organisme grec de recyclage.

En Lettonie, l'énergie est fortement imposée. Le fioul est taxé à hauteur de 509 euros (566 francs) les 1000 litres et le charbon est tellement taxé qu'il est quasiment impossible d'ouvrir une centrale à charbon. En revanche, le gaz naturel est moins taxé.

Contestations et reculs

Le mouvement français des «gilets jaunes» est le dernier mouvement d'ampleur né de la contestation d'une écotaxe. Avant de basculer vers une contestation générale de l'action du gouvernement, c'est une hausse des taxes sur les carburants prévue pour 2019 qui a déclenché fin 2018 des manifestations, des occupations de ronds-points et des blocages de routes.

La mesure a été abandonnée après moins de trois semaines de mobilisation, mais le mouvement s'est poursuivi plusieurs mois sur des revendications plus larges.

En Bulgarie, où les écotaxes sont généralement accueillies dans l'indifférence, c'est une tentative d'augmenter sensiblement une taxe sur les véhicules de plus de 10 ans qui a fait polémique. Elle a finalement augmenté moins que prévu et en contrepartie, celle sur les véhicules neufs a baissé.

Du côté de la Slovénie, pourtant en avance en matière de fiscalité environnementale, une hausse des taxes sur les émissions de CO2 a déclenché, fin 2014, une manifestation devant le siège du gouvernement. Celui-ci a accepté de modifier la mesure, pour ne pas frapper trop durement les plus gros pollueurs.

En Estonie, c'est l'industrie du schiste bitumineux qui est parvenue à obtenir une baisse provisoire de taxes. En Suède, la taxe sur les carburants a animé la campagne des législatives en 2018. Les Démocrates de Suède, un parti d'extrême droite arrivé troisième du scrutin, a axé une partie de la campagne sur sa limitation, notamment pour les agriculteurs après une sécheresse inédite. (ats/nxp)

Créé: 10.07.2019, 07h56

Articles en relation

Paris impose une écotaxe sur les billets d'avion

Climat La France veut mettre en place une taxe de 1,50 à 18 euros sur les vols au départ de son territoire dès 2020. Plus...

Les routiers bloquent le trafic pour dégommer l'écotaxe

France Une bonne partie de la France est paralysée par les camionneurs sur les routes samedi. L'abandon de l'écotaxe figure parmi les principales revendications. Les «Bonnets rouges» ont également manifesté en Bretagne. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.