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IrlandeLégislatives périlleuses pour le Premier ministre

Lors des législatives de ce samedi, le Premier ministre irlandais Leo Varadkar doit faire face à un électorat plus préoccupé par les difficultés intérieures que le Brexit.

le premier ministre irlandais Leo Varadkar donnant une conférence de presse dans les bâtiments du gouvernement à Dublin (14 janvier 2020.
le premier ministre irlandais Leo Varadkar donnant une conférence de presse dans les bâtiments du gouvernement à Dublin (14 janvier 2020.
AFP

Le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, affronte samedi des élections législatives périlleuses. Il fait face à un électorat plus préoccupé par les difficultés intérieures que par le Brexit, principal axe de sa campagne.

La sortie du voisin britannique de l'Union européenne la semaine dernière est potentiellement lourde de conséquences pour l'Irlande et ses 4,9 millions d'habitants, seul pays du bloc avec une frontière terrestre avec le Royaume-Uni.

Leo Varadkar, 41 ans, s'appuie sur son rôle de tout premier plan pour trouver avec le Premier ministre britannique Boris Johnson une solution évitant le retour d'une frontière physique avec la province britannique d'Irlande du Nord.

La question, l'une des plus épineuses pour trouver un accord de divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, a fait resurgir le souvenir des trois décennies des «Troubles» dans la province britannique entre républicains (majoritairement catholiques) et unionistes (surtout protestants), qui ont fait 3500 morts.

Envie de changement

Si l'issue du scrutin dépendait de la politique européenne de Leo Varadkar, «il gagnerait facilement» mais «les gens veulent du changement», estime Jon Tonge, spécialiste de la politique irlandaise à l'université de Liverpool.

Son parti, le Fine Gael, est à la tête d'une coalition avec l'autre grande formation politique irlandaise, le Fianna Fail. Les deux partis de centre-droit dirigent alternativement le pays depuis un siècle. Jeune, métis, homosexuel, symbole d'une Irlande catholique qui se modernise, Leo Varadkar n'est au pouvoir que depuis un peu moins de trois ans, mais son parti dirige le pays depuis neuf ans.

Dans une étude Ipsos MRBI publiée mardi dans l'Irish Times, le parti du Premier ministre sortant arrive en troisième position, avec 20% des intentions de vote contre 23% pour le Fianna Fail.

Si la tendance des sondages se confirmait dans les urnes, le scrutin aboutirait à une inversion du rapport de force entre les deux grands partis alliés dans une coalition gouvernementale. Le leader du Fianna Fail Micheal Martin, ancien ministre des Affaires étrangères, serait alors le mieux placé pour prendre la tête du gouvernement.

Mais ce sondage a également révélé une tendance inattendue. Pour la première fois depuis le début de la campagne, il donnait le parti de gauche Sinn Fein, qui milite pour une réunification de l'Irlande, en tête, avec 25%.

Ses chances d'accéder au pouvoir sont cependant réduites. Autrefois branche politique de l'Armée républicaine irlandaise (IRA), le parti, dirigé depuis deux ans par Mary Lou McDonald, ne présente que 42 candidats, pour 160 sièges à pourvoir au Dail Eireann, la chambre basse du Parlement irlandais. De plus, Fianna Fail comme Fine Gael excluent toute alliance avec le Sinn Fein.

Crise du logement

Face au risque d'éclatement de la coalition, Leo Varadkar a choisi à la mi-janvier de déclencher des élections anticipées, une fois le risque d'un Brexit sans accord écarté.

Le scrutin qui se joue samedi - en même temps que le match de rugby Irlande-Pays de Galles dans le tournoi des six nations - permettra au pays d'avoir un nouveau gouvernement en place pour la prochaine réunion du Conseil européen en mars avec un «mandat fort» pour les négociations à venir entre Londres et Bruxelles pour établir leur relation future, avait souligné M. Varadkar en annonçant la tenue du scrutin.

Le Brexit, répète Leo Varadkar, n'en est à qu'à la «mi-temps» et «un échec à conclure un accord commercial »serait une menace majeure et une menace existentielle pour notre économie en 2021«. Il peine cependant à faire la différence car l'idée d'une solution sans barrières affectant les importants échanges avec le voisin britannique fait consensus.

»L'idée que l'Irlande ne peut pas changer de gouvernement à cause du Brexit est aussi cynique que désespéré«, a fait valoir récemment le leader du parti, Micheal Martin. »L'unité nationale que nous avons participé à bâtir sur le Brexit continuera", dit-il.

Les préoccupations des électeurs se concentrent autour de problématiques comme le logement et la santé. La pénurie de logements a entraîné une flambée des prix. Selon l'association d'aide aux sans-abris Focus Ireland, le pays comptait 9731 sans-abris la semaine de Noël, un nombre qui a presque quadruplé depuis décembre 2014.

ats

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