Les leçons de l’affaire Cambridge Analytica

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Connaître ses possibles clients, cibler une publicité, faire des offres personnalisées, savoir à qui on a affaire: le rêve des marchands, des policiers et des politiques en campagne est en train de devenir réalité. Grâce à nous tous, bonnes poires, qui livrons sans sourciller notre carnet d’adresses, nos goûts culturels, notre carnet de voyage et même nos bulletins de vote, pourtant remplis dans le secret des isoloirs ou des sites sécurisés.

Huit Européens sur dix ont à raison le sentiment de ne pas maîtriser leurs données sur Internet

Oui, nous avons tous, ou presque, exposé des détails de notre vie sur les réseaux sociaux sans y prendre garde. L’affaire Cambridge Analytica nous rappelle que ces données qui nous échappent ont de la valeur. Et les acteurs de ce scandale d’un nouveau genre donnent un aperçu des appétits divers que suscite cette nouvelle mine d’or.

Au départ du pillage intéressé de ces 50 millions de profils Facebook, on trouve donc Cambridge Analytica, une société enregistrée au Delaware et installée à Londres. Elle est spécialisée dans les études d’opinion et s’est intéressée aux recherches menées par le Centre psychométrique de l’Université de Cambridge. Un seul chercheur avait accepté de collaborer. Ce professeur russo-américain a ainsi développé une application collectant contre rémunération les profils Facebook d’internautes consentants aux fins d’études scientifiques. Sauf que le professeur a revendu ces données à Cambridge Analytica pour une somme proche du million de dollars, selon «The Observer».

Depuis, la société a eu accès aux données des amis des amis des internautes participant. Au total, 50 millions de profils ont été récupérés par le biais de cette arborescence de contacts. Ces fichiers ont été exploités lors de la campagne présidentielle américaine. Parmi les clients de Cambridge Analytica se trouvait en effet Ted Cruz, candidat à la primaire républicaine, et Donald Trump, candidat élu.

Le «Guardian» révélera que ce professeur avait obtenu une bourse du gouvernement russe pour un travail de recherche sur les réseaux sociaux…

Autre surprise, selon Siècle digital, site spécialisé dans l’actualité du Web, l’ex-conseiller spécial du président américain, Steve Bannon, proche de l’extrême droite, siégeait au conseil d’administration de la société. Et c’est en tant que responsable de la campagne du candidat Trump qu’il a fait appel à Cambridge Analytica. On trouve aussi parmi les financiers de l’entreprise le milliardaire ultraconservateur Robert Mercer, contributeur à la candidature Trump.

Le scandale va éclater grâce à un lanceur d’alerte, Christopher Wylie, spécialiste de la collecte de données et salarié de Cambridge Analytica, qui a dévoilé le pot aux roses. Cette affaire illustre aussi une mainmise problématique des GAFA américaines (Google, Apple, Facebook, Amazon) sur les données personnelles des Européens.

Le parlement de Strasbourg s’est saisi de la question et a voté un texte qui entrera en vigueur en mai prochain. Ce Règlement général sur la protection des données (RGPD) prévoit notamment que chacun doit impérativement donner son consentement à une éventuelle exploitation de ses données. Il inscrit aussi dans la loi de lourdes amendes pour les entreprises qui ne se plieraient à cette règle de protection de la vie privée. Selon Nicolas Vernaz, chargé de cybersécurité chez PwC, interviewé lors de la Digital Trust Conference 2017, cité par «Le Temps», «la Suisse est en retard par rapport aux autres pays. Beaucoup de sociétés n’ont pas encore commencé à s’intéresser au nouveau règlement et n’ont rien mis en place. Pourtant, mai 2018 c’est demain.» (TDG)

Créé: 04.04.2018, 21h39

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