Le discours populiste est une illusion

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Steve Banon, l’ancien conseiller du président Trump, est venu tout spécialement en Italie pour féliciter le nouveau gouvernement et se réjouir de son orientation europhobe. Il a même été jusqu’à annoncer la mort de l’Union européenne en prédisant qu’après l’Italie, «Macron et Merkel tomberont comme des quilles», chassés par le nationalisme, le protectionnisme et le populisme.

Pourquoi le représentant de l’extrême droite américaine se réjouit-il de la mort de l’Union européenne?

S’il est vrai que le trio infernal nationalisme-protectionnisme-populisme a malheureusement le vent en poupe dans de nombreux pays en Europe et dans le monde, l’éloge de Banon aux Italiens devrait faire réfléchir. Pourquoi le représentant de l’extrême droite américaine se réjouit-il de la mort de l’Union européenne? Pourquoi tente-t-il de la précipiter? L’Amérique de Trump – et probablement pas que le président lui-même – a décidé de changer les règles du jeu: finies les organisations internationales, finis les traités commerciaux de collaboration, au rencard les droits de l’homme et l’environnement. L’idée est simple: «America first», «Make America great again». Les États-Unis veulent être à nouveau les maîtres, les plus forts et imposer un système de normes en leur faveur.

Face à cette volonté, seules les grandes puissances peuvent résister, la Chine et la Russie certainement et l’Union européenne… pourvu qu’elle demeure unie. Car, pris isolément, les pays européens, même l’Allemagne, n’ont aucune chance de résister aux volontés hégémonistes de l’Amérique.

L’intervention de Banon en Italie montre très clairement cette volonté de diviser pour mieux régner: chacun sa monnaie et le dollar par-dessus tous. Elle sonne comme un avertissement pour tous: si nous cédons aux sirènes isolationnistes, nous nous retrouverons bientôt sous la domination américaine, voire russe selon la manière dont Trump et Poutine se partageront l’Europe divisée.

Le trio nationalisme-protectionnisme-populisme se vante de vouloir faire prévaloir la «préférence nationale», la protection de l’économie et de la monnaie locales et de défendre le pays contre l’étranger. En réalité, il nous précipite tout droit dans la sujétion à l’impérialisme américain, aujourd’hui conquérant et sans complexe.

Le discours populiste est une illusion, mais il reçoit souvent un accueil favorable de ceux que les dérives – bien réelles – du monde actuel inquiètent et qui pensent que de fermer la porte de la maison protège de tous les maux. Si la maison est la proie d’un incendie, mieux vaut ouvrir la porte aux pompiers – mais pas aux pillards, bien sûr!

Plus sérieusement, l’isolationnisme facilite, à l’évidence, les ambitions de pays conquérants, comme les États-Unis. Les Waldstätten, pour résister aux Habsbourg, l’avaient bien compris lorsqu’ils unirent leurs destinées pour préserver leurs libertés. L’Europe doit impérativement se rapprocher de ses peuples et de ses citoyens et rappeler qu’elle seule est la garantie de l’indépendance et de la liberté de chacun.

Créé: 11.06.2018, 16h18


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