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Laurent Wauquiez, un cogneur pour présider les Républicains

Le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, a officialisé vendredi sa candidature à la présidence du parti de la droite, k.-o. depuis la présidentielle.

Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. (photo d'illustration)
Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. (photo d'illustration)
Lucien Fortunati

Sonnée par le fiasco de la présidentielle, la droite française se cherche un nouveau champion. Archifavori pour prendre la présidence des Républicains, Laurent Wauquiez (Photo) s’est officiellement déclaré dans le Figaro de vendredi. A 42 ans, ce gaucher qui jubile quand la presse le qualifie de droitier, est un cogneur. Peu importe si ce qu’il propose est de l’esbroufe, il frappe. Et les militants de la base adorent.

Président de la région voisine Auvergne-Rhône-Alpes, il a très vite fait parler de lui. En bien, quand il vient à Genève en novembre dernier défendre, aux côtés du président du Conseil d’Etat François Longchamp, un axe Lyon-Grenoble-Genève-Lausanne, pour peser autant que d’autres grands pôles économiques mondiaux. En mal, quand il veut instituer une clause Molière obligeant à parler français sur les chantiers du bâtiment de sa région ou installer des portiques à l’entrée des lycées: deux mesures illégales ou irréalisables.

Difficile d’imaginer que cette tête bien faite (Normal sup, agrégation d’histoire, Sciences-Po, major de l’ENA) a commencé sa carrière auprès du baron centriste Jacques Barrot. Depuis, le chrétien-démocrate à l’écoute des pauvres, au point de s’enorgueillir d’une amitié fictive avec Sœur Emmanuelle, s’est droitisé. Alors que Patrick Buisson, le mauvais génie de Nicolas Sarkozy, devenait un pestiféré, lui continuait de le fréquenter. Sentir le soufre ne le gêne pas. Il est sur ses valeurs, celle d’une «droite qui s’assume». Alors, il dénonce le «cancer de l’assistanat», défile avec Sens commun contre le mariage pour tous et juge l’homosexualité «incompatible avec ses valeurs».

S’il a changé d’écuries au cours de sa fulgurante ascension – poulain des Chirac, ministre étalon de Sarkozy, cheval de trait pour Fillon –, il galope désormais sous ses couleurs, parka rouge et toque blanche. De Chirac, il a retenu qu’il fallait labourer inlassablement son fief électoral de Haute-Loire. Comme Sarkozy, il a le fighting spiritet un côté sanguin. Avec Fillon, il partage la conviction que la droite peut gagner sur le combat des valeurs. L’on voit mal quelle personnalité de droite peut le mettre au tapis, les 10 et 17 décembre, lors du scrutin interne des militants LR.

Réussira-t-il pour autant à remettre sur pied un parti à terre? D’autres barons régionaux, comme Valérie Pécresse en Ile-de-France ou Xavier-Bertrand dans les Hauts-de-France, doutent déjà qu’il puisse rassembler la famille. Trop clivant. Trop cogneur. Lui assure que toutes les sensibilités auront leur place dans le parti et affirme: «La droite est de retour.»

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