La Suisse va restituer des fonds détournés

NigeriaLa Suisse va restituer au Nigeria quelque 316 millions de francs détournés par l'ex-dictateur Sani Abacha.

Image d'archive - 1984 - Sani Abacha, au pouvoir de 1993 à sa mort en 1998 est accusé d'avoir détourné au total 2,2 milliards de dollars de la Banque centrale nigériane.

Image d'archive - 1984 - Sani Abacha, au pouvoir de 1993 à sa mort en 1998 est accusé d'avoir détourné au total 2,2 milliards de dollars de la Banque centrale nigériane. Image: Keystone

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La Suisse va restituer au Nigeria 321 millions de dollars (316 millions de francs) issus de biens patrimoniaux acquis illégalement par l'ancien dictateur du pays Sani Abacha. Des représentants des deux Etats ainsi que la Banque mondiale ont signé lundi à Washington un accord allant dans ce sens, a indiqué le Conseil fédéral dans un communiqué.

«L'accord (...) spécifie que les fonds seront restitués dans le cadre d'un projet soutenu et supervisé par la Banque mondiale», précise le communiqué. Et «ce projet doit renforcer la sécurité sociale des couches les plus pauvres de la population nigériane».

L'ambassadeur Roberto Balzaretti, directeur de la Direction du droit international public et responsable de la délégation suisse au sein du Forum mondial sur le recouvrement d'avoirs (Global Forum on Asset Recovery, GFAR) a signé l'accord avec le ministre de la justice nigérian Abubakar Malami et le responsable de la représentation de la Banque mondiale à Abuja Rachid Benmessaoud.

Selon Berne, cet accord s'inscrit dans le cadre de sa stratégie de «blocage, confiscation et restitution des avoirs de potentats». Il règle en outre le versement par tranches des fonds restitués et prévoit des mesures concrètes pour les cas d'abus et de corruption.

«Cleptocratie»

Les fonds, initialement bloqués au Luxembourg, avaient été rapatriés et confisqués par la Suisse dans le cadre d'une procédure pénale menée par le ministère public genevois contre Abba Abacha. Le Conseil fédéral a approuvé la signature de l'accord lors de sa séance du vendredi 1er décembre 2017.

En mars 2016, la Suisse et la Nigeria avaient signé une lettre d'intention visant à la restitution de ces biens détournés. A l'époque de la signature de la lettre d'intention, en 2016, le ministre des Affaires étrangères, Didier Burkhalter, avait assuré que «la lutte contre la corruption (était) une des priorités de la Suisse».

Sani Abacha, au pouvoir de 1993 à sa mort, en 1998, est accusé d'avoir détourné au total 2,2 milliards de dollars de la Banque centrale nigériane, ce que les Etats-Unis avaient qualifié d'acte «effronté de cleptocratie» en 1994. (ats/nxp)

Créé: 05.12.2017, 01h16

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