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IrakKirkouk, un aperçu de l'EI post-califat

L'attaque surprise menée par le groupe terroriste serait typique du genre d'assaut futur une fois le califat tombé.

Les Emirats arabes unis ont proposé de prendre en charge la reconstruction de la mosquée Al-Nouri et de son minaret penché emblématique de Mossoul. (Dimanche 11 mars 2018)
Les Emirats arabes unis ont proposé de prendre en charge la reconstruction de la mosquée Al-Nouri et de son minaret penché emblématique de Mossoul. (Dimanche 11 mars 2018)
AFP
Mossoul fête ce jeudi 14 décembre la victoire sur l'EI. Des milliers de policiers, militaires et une centaine de véhicules blindés ont défilé pour la délivrance et le retour à la vie normale. (14 décembre 2017)
Mossoul fête ce jeudi 14 décembre la victoire sur l'EI. Des milliers de policiers, militaires et une centaine de véhicules blindés ont défilé pour la délivrance et le retour à la vie normale. (14 décembre 2017)
Keystone
Un policier irakien essaie un masque à gaz sur la base militaire de Qayyarah, à 60 km au sud de Mossoul. (Dimanche 16 octobre 2016)
Un policier irakien essaie un masque à gaz sur la base militaire de Qayyarah, à 60 km au sud de Mossoul. (Dimanche 16 octobre 2016)
AFP
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L'attaque surprise menée par l'Etat islamique (EI) dans la ville irakienne de Kirkouk est typique du genre d'assaut que les djihadistes pourraient lancer une fois leur califat autoproclamé tombé, jugent des analystes interrogés par l'AFP. Elle a finalement été repoussée.

Des dizaines de milliers de soldats irakiens soutenus par une coalition internationale menée par les Etats-Unis avancent en ce moment vers Mossoul, dernier grand fief de l'EI en Irak. Proclamé dans cette ville en 2014 par le chef de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, le califat - territoire contrôlé par un chef dit calife - n'a toutefois cessé de se réduire depuis quelques mois.

Avec moins de positions fixes et sans population à administrer, le groupe le plus violent du djihad moderne pourrait se tourner vers les attaques de type insurrectionnel qu'il avait l'habitude de mener dans le passé.

«Je pense que c'est ce à quoi il faut s'attendre au fur et à mesure que l'EI continue de perdre du terrain, un retour au terrorisme traditionnel et à une logique insurrectionnelle», affirme David Witty, ex-colonel des forces spéciales américaines devenu analyste.

Provoquer la panique

L'EI a souvent répliqué à des offensives majeures contre ses bastions en Irak et en Syrie en ouvrant de nouveaux fronts pour éparpiller les forces ennemies et détourner l'attention médiatique de ses revers.

L'attaque dite «inghimasi» à Kirkouk - terme décrivant une opération menée par des hommes généralement ceinturés d'explosifs pour provoquer la panique plus que pour atteindre un objectif militaire précis - a semé le chaos dans cette ville multiethnique, située à 170 kilomètres de Mossoul.

Au moins cinq kamikazes ont visé des bâtiments-clés du gouvernement. Six policiers ont été tués dans les affrontements, qui ont suivi et des dizaines d'habitants ont été blessés.

En plus d'avoir fait la une de la presse, l'attaque pourrait contraindre les forces kurdes - un élément-clé de l'offensive à Mossoul - à revoir leur déploiement. Le premier ministre irakien Haider al-Abadi a annoncé l'envoi de renforts à Kirkouk.

Préoccupations chez les Kurdes

Selon Patrick Martin, spécialiste de l'Irak au centre de recherche Institute for the Study of War, basé à Washington, des éléments des peshmergas kurdes pourraient envisager de retirer certaines de leurs ressources des environs de Mossoul.

«L'UPK (Union patriotique du Kurdistan), principal responsable de la défense de Kirkouk est particulièrement préoccupée par le contrôle de la ville sur le long terme et de ses champs pétroliers», a-t-il expliqué.

Un assaillant capturé à Kirkouk par les forces kurdes a assuré que l'assaut avait été ordonné par Abou Bakr al-Baghdadi pour montrer que l'EI gardait une force de frappe.

«Daech se bat pour garder du territoire, mais a eu davantage tendance à se replier ces derniers mois», affirme le colonel John Dorrian, porte-parole américain de la coalition assistant les forces irakiennes dans la guerre contre l'EI, utilisant un acronyme arabe du groupe.

Bien que les djihadistes aient perdu beaucoup de leurs hauts dirigeants et certaines sources de revenus ces derniers mois, le colonel Dorrian s'attend à ce qu'ils mènent une dure bataille pour garder Mossoul.

Mossoul déjà perdue

Mais Patrick Martin juge que l'EI a déjà accepté l'idée de perdre la deuxième ville d'Irak. «L'attaque de Kirkouk a été lancée en réponse aux pertes actuelles et futures à Mossoul, mais l'EI a probablement changé d'opinion concernant la nécessité d'avoir le contrôle physique de territoires», estime-t-il.

Si l'EI «est capable de continuer à lancer des (...) attaques comme celle-ci (Kirkouk) à l'avenir, alors il continuera de représenter une menace pour les forces de sécurité irakiennes et les peshmergas», dit Patrick Martin.

Selon David Witty, l'attaque de Kirkouk est un avant-goût de ce qui est à venir, puisque la reprise prévue de Mossoul par les forces irakiennes pourrait sceller le sort du «califat», du moins, côté irakien.

L'EI «va de plus en plus avoir recours à des attentats (...) et revenir à une pure organisation terroriste de type insurrectionnel en Irak. Ils seront alors plus difficiles à combattre», souligne-t-il.

Et de conclure: «Quand il contrôle ouvertement des villes et du territoire, il est beaucoup plus facile pour la coalition et pour les forces de sécurité irakiennes de le détruire que quand il fonctionne comme une insurrection».

ats

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