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Kim Jong-un défie Trump, mais pas trop

Un «exercice de frappes» nord-coréen samedi matin a suscité l’inquiétude. Escalade ou simple avertissement?

Aux États-Unis, les «exercices de frappes» de samedi sont perçus comme un avertissement lancé par Kim Jong-un pour mettre la pression sur Donald Trump.
Aux États-Unis, les «exercices de frappes» de samedi sont perçus comme un avertissement lancé par Kim Jong-un pour mettre la pression sur Donald Trump.
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L’agence officielle nord-coréenne KCNA l’a confirmé ce dimanche: le régime de Kim Jong-un a bel et bien procédé, samedi matin, à un «exercice de frappes» impliquant des «lance-roquettes multiples à longue portée» et des «armes tactiques guidées».

C’est l’essai d’armement le plus sérieux depuis le tir réussi en novembre 2017 du missile balistique intercontinental Hwasong-15, capable en théorie de frapper la côte est des États-Unis. Autant dire que, trois mois après l’échec du sommet de février à Hanoi, les négociations entre Pyongyang et Washington ont du plomb dans l’aile!

Simple avertissement?

Cela dit, à y regarder de plus près, il s’agit davantage d’un avertissement que d’un véritable coup d’arrêt au rapprochement entamé par Kim Jong-un et Donald Trump lors du sommet historique de juin 2018 à Singapour.

En effet, les lancements de samedi «ne violent pas le moratoire sur les essais de missiles que s’est lui-même imposé Kim Jong-un» et qui «ne s’applique qu’aux missiles balistiques intercontinentaux», a rappelé à Séoul le spécialiste de la Corée du Nord Ankit Panda. Et les armes en question – des lance-roquettes multiples – ne sont pas sous le coup des sanctions de l’ONU. On notera que l’agence KCNA s’est bien gardée d’utiliser le mot «missile»…

Pas nucléaire

Par ailleurs, les mystérieuses «armes tactiques», déjà testées en novembre puis en avril, ne sont précisément pas «stratégiques», un terme qui, dans le jargon officiel nord-coréen, «désigne celles qui sont liées au programme nucléaire», décrypte pour sa part Antoine Bondaz, spécialiste de la Corée du Nord à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), contacté par France 24. Or, justement, Kim Jong-un s’était aussi engagé l’an dernier à stopper son programme nucléaire.

Bref, aux États-Unis, les «exercices de frappes» de samedi sont perçus comme un avertissement lancé par Kim Jong-un pour mettre la pression sur Donald Trump, qui refuse de lever les sanctions américaines tant que le démantèlement nucléaire n’aura pas commencé.

Ultimatum

La semaine dernière, Pyongyang avait déjà sommé Washington d’adoucir sa position d’ici à la fin de l’année, faute de quoi il y aurait «un résultat indésirable». En attendant, si l’on en croit des images satellites du mois dernier, le principal site nucléaire nord-coréen semble toujours en activité.

Cela dit, Antoine Bondaz avance une autre hypothèse. Les lancements de samedi seraient un geste de politique interne, pour rassurer l’armée nord-coréenne sans trop alarmer les États-Unis, afin de ne pas mettre en péril les difficiles négociations. «Il n’y a aucune photo officielle, ce qui indique que le régime voulait limiter l’impact international de l’événement», analyse-t-il. Un acte d’équilibrisme, en somme.

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