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Implants pelviensJohnson & Johnson doit indemniser les victimes

Le laboratoire pharmaceutique a été condamné jeudi dans le scandale des implants pelviens «mesh» qui ont créé de graves complications.

Image d'illustration.
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Keystone

Le groupe pharmaceutique Johnson & Johnson a été condamné jeudi à payer 344 millions de dollars (333,6 millions de francs) pour publicité trompeuse et mensongère dans la commercialisation d'implants pelviens destinés à traiter la descente d'organes et l'incontinence urinaire chez la femme, qui ont été posés à des milliers de patientes en Californie.

Ces dispositifs, aussi appelés «mesh», qui se présentent sous la forme de bandelettes et renforts pelviens implantables par chirurgie, sont au coeur d'une série de procédures en justice aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

Eddie Sturgeon, juge du comté de San Diego, a estimé que Johnson & Johnson connaissait les risques et les effets indésirables potentiels de ses produits lorsqu'il les a mis sur le marché, via sa filiale Ethicon. Il reproche notamment au groupe américain de ne pas les avoir inclus dans le matériel promotionnel qu'il distribuait aux médecins et aux patients.

«Les complications pouvaient être si graves qu'il était nécessaire de retirer le mesh mais, contrairement à d'autres implants, le retrait est difficile et peut demander plusieurs opérations chirurgicales», précise Eddie Sturgeon dans son jugement. «Johnson & Johnson savait également que certaines des complications les plus graves de ce dispositif pouvaient être irréversibles», souligne-t-il.

Appel

Parmi les effets indésirables figurent incontinence, infections, saignements et douleurs chroniques. «Johnson & Johnson connaissait les dangers de ces produits mais a fait passer les profits avant la santé de millions de femmes», a fustigé le procureur fédéral de Californie, Xavier Becerra. «Aujourd'hui, nous avons rendu justice aux femmes et aux familles marquées pour toujours par la malhonnêteté de Johnson & Johnson», a poursuivi M. Becerra, dont les services avaient entamé des poursuites contre la multinationale en 2016.

«C'est la première fois qu'un tribunal estime que Johnson & Johnson s'est livré à des pratiques commerciales trompeuses et illégales», ont-ils dit, ajoutant que la firme avait vendu plus 470'000 implants aux États-Unis entre 2008 et 2014, dont 30'000 pour la seule Californie. À l'échelle planétaire, on estime que plus de deux millions de femmes sont porteuses de ces dispositifs.

Johnson & Johnson a indiqué qu'il avait l'intention de faire appel du jugement.

AFP

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