Jérusalem est au bord de la «guerre de religion»

Proche-OrientTension maximum dans la Ville sainte. Les rumeurs sur un futur partage de l’Esplanade des Mosquées font éclater la violence

Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.

Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Image: Sebastian Scheiner/AFP

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Jets de pierres, de pétards et de bouteilles incendiaires contre grenades assourdissantes et lacrymogènes. Palestiniens et gardes-frontière israéliens se sont affrontés mardi pour la troisième journée consécutive sur l’Esplanade des Mosquées de Jérusalem, troisième lieu saint de l’islam, appelé Mont du Temple par les juifs. Celui-ci surplombe le mur des Lamentations, ultime vestige du temple de Salomon, où des milliers de dévots ont célébré depuis dimanche soir les fêtes du Nouvel-An juif. Ce même soir, un sexagénaire israélien trouvait la mort à Jérusalem-Ouest quand son véhicule heurtait un pylône électrique après avoir été attaqué à coups de pierres par des Palestiniens.

Avant la fête du Nouvel-An, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou avait averti qu’il entendait lutter «par tous les moyens pour préserver la coexistence pacifique» dans la Ville sainte. Des centaines de policiers et vigiles avaient été mobilisés. Sur renseignements du Shin Bet (service secret intérieur), la police israélienne a pénétré dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa pour saisir des stocks de pierres, de cocktails Molotov et d’engins explosifs artisanaux entreposés sur place pour fomenter une émeute.

Cette irruption est la deuxième depuis la conquête et l’annexion de Jérusalem-Est par Israël en 1967. Le Waqf, institution gérant les biens de l’islam, l’a vivement dénoncée. Le roi de Jordanie Abdallah II, autorité de tutelle sur Al-Aqsa, a mis en garde contre une violation du Traité de paix israélo-jordanien (1994). Et la direction de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), réunie par le président palestinien Mahmoud Abbas, parle de «guerre des religions». Elle accuse Israël de vouloir instaurer un partage de l’Esplanade des Mosquées, permettant aux juifs de prier dans certains secteurs et durant diverses tranches horaires, à l’instar de la formule retenue au Caveau des patriarches de Hébron, vénéré par le judaïsme et l’islam.

Israël dément catégoriquement. Le statu quo en vigueur depuis 1967 interdit aux juifs d’organiser des prières collectives sur ce lieu saint. Mais le cabinet de droite de Netanyahou s’appuie sur des partenaires religieux nationalistes dont c’est bel et bien le programme déclaré et dont les éléments les plus radicaux multiplient les provocations. Une fois de plus la mèche du baril de poudre est allumée à Jérusalem.

Créé: 15.09.2015, 22h36

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