Jean-Claude Juncker rencontre sa remplaçante

Union européenneL'actuel président de la Commission européenne a rencontré jeudi l'Allemande, Ursula von der Leyen.

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Jean-Claude Juncker a rencontré jeudi à Bruxelles la ministre allemande de la Défense Ursula von der Leyen, candidate des 28 dirigeants de l'UE pour prendre la tête de la Commission européenne. Il a salué «une vraie Européenne».

Les deux responsables ont échangé une accolade chaleureuse sous les flashs des photographes à la Commission, deux jours après l'annonce du choix des Etats membres qui doit encore être entériné par le Parlement européen.

«Ravi d'accueillir les bras grands ouverts une vraie Européenne. Nous sommes sur la même longueur d'onde quand il s'agit de défendre les intérêts européens», a annoncé Jean-Claude Juncker sur son compte twitter peu après le début de la rencontre. Il quittera ses fonctions le 31 octobre.

«La rencontre a été amicale. Tous deux se connaissent depuis des années», a indiqué le porte-parole de la Commission Margaritis Schinas. Il a précisé que l'entretien s'était déroulé en «tête-à-tête» et qu'il ne pouvait pas dire si le Luxembourgeois avait prodigué des conseils à Mme von der Leyen pour remporter le vote du Parlement européen prévu le 16 juillet. Elle devra obtenir la majorité absolue, c'est-à-dire au moins 376 voix.

Résultat pas garanti

Pour son élection en juillet 2014, Jean-Claude Juncker avait obtenu 422 voix, mais il n'avait pas fait le plein des 480 élus de la grande coalition formée par sa formation, le Parti Populaire européen (PPE, droite), et les socialistes.

Pour être élue, Mme von der Leyen va devoir rallier les suffrages des trois grands groupes PPE (182 élus), socialistes (154 élus) et libéro-centristes de Renew Europe (108 élus).

Ce résultat n'est pas à l'heure actuelle garanti. Le Parlement a été frustré par le choix des Etats des postes de pouvoir de l'UE, qui a ignoré les chefs de file des partis désignés pour le scrutin européen.

Vote du Parlement à la mi-juillet

Le président du Conseil européen Donald Tusk a quant à lui estimé devant les eurodéputés jeudi que les Verts devaient être davantage impliqués dans les nominations à venir dans l'Union européenne. Même si ce parti est le perdant du jeu de la répartition des hautes fonctions malgré sa progression dans les urnes fin mai.

«Je suis certain que la coopération avec les Verts et leur présence dans les organes de décision de l'UE sera bénéfique (...) à l'Europe dans son ensemble», a déclaré Donald Tusk dans l'hémicycle du Parlement européen réuni à Strasbourg. Il a précisé qu'il comptait faire «passer le message directement» à Ursula von der Leyen, qu'il devait rencontrer dans l'après-midi.

Le co-président des Verts au Parlement européen, le Belge Philippe Lamberts, a remercié Donald Tusk pour son appel. «Je crois vos mots sincères, mais cela ne semble pas uniformément partagé à la table du Conseil» et au Parlement européen, a-t-il toutefois déploré.

Ursula von der Leyen a indiqué mercredi qu'elle se donnait deux semaines pour présenter sa «vision» de l'Europe pour les cinq prochaines années, la durée de son mandat.

L'«axe Macron-Orban»

«Sa nomination a surpris beaucoup au Parlement et sa première prestation a été bien reçue», a estimé jeudi son compatriote Manfred Weber, candidat malheureux à la présidence de la Commission. «C'est une Européenne, toute l'histoire de sa vie le montre, elle connaît la politique internationale et c'est une chrétienne-démocrate convaincue. Elle a de bonnes chances d'obtenir une majorité, mais c'est un chemin semé d'embûches», pronostique-t-il.

Le Bavarois a par ailleurs accusé un «axe Macron-Orban» d'avoir «balayé d'un revers de main» les résultats des élections. Manfred Weber était la tête de liste du PPE et aurait dû prendre la présidence de la Commission, si le système des Spitzenkandidaten avait été appliqué.

«Je suis très déçu, c'est clair», a-t-il dit dans une interview au quotidien Bild. Selon lui le président français Emmanuel «Macron a dit: 'Choisissez mon Europe, pas celle d'Orban'. Et tout à coup, ils travaillent ensemble et portent préjudice à l'Europe démocratique». «Nous sommes maintenant devant un champ de ruines», estime-t-il. (ats/nxp)

Créé: 04.07.2019, 13h26

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