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Affaire Bouvier-RybolovlevIntrusion dans le portable de la «tsarine» dénoncée

Dmitri Rybolovlev a dénoncé mardi la divulgation de SMS qui se trouvaient dans le téléphone de son avocate.

Dmitri Rybolovlev lors de son inculpation à Monaco pour «complicité d'atteinte à la vie privée», en octobre.
Dmitri Rybolovlev lors de son inculpation à Monaco pour «complicité d'atteinte à la vie privée», en octobre.
AFP

Le milliardaire russe et patron de l'AS Monaco a dénoncé, par la voix de Me Hervé Temime interviewé par Monaco-Matin, «l'intrusion» dans le téléphone de son avocate Tetiana Bersheda et la divulgation de SMS qui ont fait scandale à Monaco.

Parus dans la presse française, ces SMS semblent démontrer que M. Rybolovlev aurait profité de ses bonnes relations avec les dirigeants de la police monégasque et avec le garde des Sceaux de la principauté pour piéger son marchand d'art suisse Yves Bouvier qu'il poursuit pour «escroquerie».

«Les avocats de M. Bouvier en tiraient un avantage excessif»

«Toute intrusion dans le téléphone d'un avocat est considéré comme une perquisition à son cabinet (...) J'estime que cette expertise est irrégulière et que c'est une atteinte magistrale au secret professionnel», a déclaré Me Temime à Monaco-Matin.

«J'ai été sidéré de l'exploitation qui a été faite de la remise du téléphone de Me Bersheda et j'ai tout de suite compris que les avocats de M. Bouvier en tiraient un avantage excessif», dit-il.

Bras de fer avec Bouvier

L'oligarque russe, inculpé pour «complicité d'atteinte au droit au respect à la vie privée» dans le cadre de cette retentissante affaire, est engagé depuis 2015 dans un bras de fer judiciaire avec Yves Bouvier, le marchand d'art genevois qui lui a constitué sa collection de tableaux.

Lors de l'enquête, l'avocate russo-helvète du milliardaire, Me Tetiana Bersheda, surnommée parfois la «tsarine» pour sa proximité avec M. Rybolovlev, avait remis son téléphone à la police monégasque, avec un enregistrement censé prouver la malhonnêteté de M. Bouvier.

Messages empreints de connivences

A cause de ce téléphone, l'affaire a tourné au scandale à Monaco à l'été 2017, révélant au grand jour des échanges empreints de connivences entre Me Bersheda, les policiers et le directeur des services judiciaires de la principauté.

«Le fait pour une victime, et partie civile, d'être en relation avec les services de police n'est pas quelque chose d'inhabituel, ni d'anormal. Je ne crois pas qu'il faille en tirer des conséquences particulières sur le fond», rétorque dans Monaco-Matin Me Temime, tout en refusant de commenter le contenu des SMS.

Enquête pour trafic d'influence

Les révélations tirées du téléphone de Me Bersheda ont conduit en septembre au départ anticipé du garde des Sceaux Philippe Narmino et à l'ouverture d'une enquête par le parquet pour trafic d'influence contre X.

L'affaire, instruite par le juge Morgan Raymond, est maintenant aux mains de la chambre du conseil de la Cour d'appel qui doit statuer sur d'éventuels manquements déontologiques des officiers de la police judiciaire monégasque, mais aussi sur la recevabilité du contenu du téléphone de Me Bersheda.

(AFP)

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