Les Indiens du Mexique lancent une femme dans la course présidentielle

Luttes autochtonesUne indienne nahua se présentera en 2018. Un changement de stratégie pour faire entendre la voix des peuples indigènes.

María de Jesús Patricio Martínez sera candidate à l’élection présidentielle de 2018 au Mexique pour porter la voix des peuples indigènes

María de Jesús Patricio Martínez sera candidate à l’élection présidentielle de 2018 au Mexique pour porter la voix des peuples indigènes Image: Reuters

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Soutenue par l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN), María de Jesús Patricio Martínez, alias Marichuy, sera candidate à l’élection présidentielle de 2018 au Mexique pour porter la voix des peuples indigènes. Cette indienne nahua de 57 ans, originaire de l’Etat de Jalisco (centre ouest), exerce la médecine traditionnelle et elle est mère de trois enfants. Elle a été élue dimanche à San Cristóbal de las Casas, dans l’Etat du Chiapas (sud), par des délégués du Conseil national indigène.

C’est la première fois que le mouvement indigène au Mexique lance un candidat, en l’occurrence une candidate, dans la course à la présidentielle. Cette décision a été prise par le Conseil indigène de gouvernement, tout juste créé à cet effet. Elle a été rendue possible par une réforme électorale qui permet depuis 2014 aux indépendants de se présenter. Mais surtout, elle est analysée dans le pays comme un virage radical dans la stratégie du mouvement zapatiste, en quête d’un nouveau souffle. Depuis sa création il y a 23 ans par le sous-commandant Marcos, il a toujours rejeté le système politique, les institutions et les partis. L’EZLN avait annoncé en octobre 2016 déjà sa décision de soutenir une candidate à l’élection présidentielle, tout en insistant sur le fait que la démarche ne vise pas à prendre le pouvoir, mais à renforcer la lutte. Au Mexique, les populations qui se revendiquent dans leur indianité sont toujours méprisées et minées par la pauvreté.

Pour Jean-Jacques Kourliandsky, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques à Paris, spécialiste de l’Amérique latine, il faudra encore analyser le programme, mais cette annonce peut s’inscrire dans «la volonté du mouvement zapatiste, bien peu actif depuis quelques années, de revenir à ses fondements et revendiquer l’existence de l’identité des peuples autochtones. Il se raccroche à de nouvelles formes de radicalisation, tout en montrant qu’il est dans un processus démocratique».

A San Cristóbal de las Casas, les débats qui ont rassemblé des militants encagoulés ont bien montré que le but n’est évidemment pas de remporter l’élection. «Nous n’y allons pas pour le vote, mais pour articuler nos luttes, échanger nos expériences et reconstruire le tissu social», a expliqué un délégué. Dans un clip de campagne, María de Jesús Patricio Martínez explique que sa candidature à l’élection présidentielle vise à souligner la double marginalisation dont sont victimes les femmes indigènes dans un pays dominé par le machisme.

Créé: 29.05.2017, 19h30

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