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EspagneLes indépendantistes catalans restent mobilisés

Après plusieurs nuits de violences en Catalogne, les indépendantistes ne relâchent pas la pression en amont d'une journée de «grève générale» vendredi.

La Cour des comptes espagnole a réclamé à l'ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont et près de 30 autres dirigeants séparatistes 4,4 millions de francs. Il s'agit de la somme dépensée, selon elle, pour organiser le référendum d'autodétermination interdit de 2017. (Mercredi 29 janvier 2020)
La Cour des comptes espagnole a réclamé à l'ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont et près de 30 autres dirigeants séparatistes 4,4 millions de francs. Il s'agit de la somme dépensée, selon elle, pour organiser le référendum d'autodétermination interdit de 2017. (Mercredi 29 janvier 2020)
AFP
Six séparatistes catalans condamnés à la prison pour la tentative de faire sécession d'Espagne en 2017 sont sortis exceptionnellement de prison mardi pour comparaître devant une commission du parlement régional catalan. (Mardi 28 janvier 2020)
Six séparatistes catalans condamnés à la prison pour la tentative de faire sécession d'Espagne en 2017 sont sortis exceptionnellement de prison mardi pour comparaître devant une commission du parlement régional catalan. (Mardi 28 janvier 2020)
AFP
Le premier Ministre Mariano Rajoy ne devrait pas survivre à une motion de censure vendredi. Celui qui a combattu l'indépendance de la Catalogne devrait tomber après une alliance entre la gauche, les nationalistes basques et les indépendantistes catalans. (1er juin 2018)
Le premier Ministre Mariano Rajoy ne devrait pas survivre à une motion de censure vendredi. Celui qui a combattu l'indépendance de la Catalogne devrait tomber après une alliance entre la gauche, les nationalistes basques et les indépendantistes catalans. (1er juin 2018)
Keystone
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La Catalogne vivait jeudi sa quatrième journée de mobilisation contre la condamnation des dirigeants indépendantistes par la justice espagnole, marquée jusqu'ici par quelques incidents après plusieurs nuits de violences.

Vendredi, jour de «grève générale» en Catalogne, les «marches de la liberté» parties de toute la région doivent converger à Barcelone où une manifestation massive est prévue dans ce qui s'annonce comme le point d'orgue de la mobilisation.

Des dizaines de milliers de séparatistes protestent depuis lundi contre les lourdes peines de neuf à 13 ans de prison infligées à leurs leaders pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017.

Au quatrième soir des mobilisations, des militants radicaux ont mis le feu à plusieurs conteneurs de poubelles dans le centre de Barcelone. Mais la situation était bien plus calme que les deux derniers soirs où la ville a vécu de véritables scènes de guérilla urbaine entre manifestants et policiers. Lundi, des heurts avaient aussi éclaté lors du blocus de l'aéroport par des milliers de personnes.

Tournant

Une nouvelle manifestation a réuni environ 13'000 personnes en début de soirée jeudi dans une ambiance festive après une manifestation étudiante ayant rassemblée 25'000 personnes dans l'après-midi.

«Les actions que nous menons depuis plusieurs jours sont dues à l'impuissance que nous ressentons car l'Etat espagnol persiste dans son refus (de l'indépendance) et ses menaces et l'Europe dans son silence», a expliqué à l'AFP David, comptable de 23 ans qui n'a pas donné son nom de famille.

Nées de la frustration d'une partie de la base indépendantiste, deux ans après l'échec de la tentative de sécession de 2017, les violences de mardi et mercredi ont marqué un tournant pour le mouvement séparatiste qui s'est toujours targué d'être non-violent.

«Il peut y avoir des (manifestants) anti-système ou des gens qui en ont marre de voir que tout est fermé, des jeunes qui se laissent emporter mais les Catalans ne veulent pas suivre cette voie de la violence», a assuré Julio Martinez, pré-retraité de 63 ans.

«Pas de pas en arrière»

Le président indépendantiste catalan Quim Torra, qui a fini par condamner les violences mercredi soir, a tenu un discours de défi à l'Etat espagnol devant le parlement régional. «Nous ne pouvons pas nous permettre de faire un pas en arrière dans la défense inaliénable de notre droit à l'autodétermination. La peur et les menaces ne nous vaincront pas», a-t-il lancé en promettant de parvenir à l'indépendance d'ici deux ans.

En prévision des perturbations de vendredi dans cette riche région industrielle, le constructeur automobile Seat a mis à l'arrêt son usine de Martorell près de Barcelone tandis que la fédération des transporteurs a recommandé à ses adhérents d'avancer leurs livraisons ou de chercher des routes alternatives.

Près de 100 blessés mercredi

Selon le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska, 97 personnes ont été arrêtées en Catalogne et 194 policiers blessés depuis le début des manifestations lundi. Sur la seule journée de mercredi, 96 personnes ont été blessées selon les services de secours, dont 58 à Barcelone.

A moins d'un mois des prochaines élections législatives, la droite et le centre exigent du gouvernement socialiste qu'il prenne des mesures exceptionnelles pour rétablir l'ordre public.

Le chef du gouvernement Pedro Sanchez est «dépassé par les événements», a dénoncé jeudi Ana Pastor, une dirigeante du Parti Populaire (PP, droite) qui réclame la reprise en mains par l'Etat de la sécurité, qui dépend en Catalogne du gouvernement régional.

«Il n'y aura aucune impunité», a martelé Fernando Grande-Marlaska dont le gouvernement a envoyé des renforts policiers mais n'a pas pris de mesures extraordinaires.

Aux commandes du gouvernement régional et dominant le parlement, les indépendantistes ne représentent toutefois pas la majorité des 7,5 millions de Catalans. D'après le dernier sondage publié en juillet par le gouvernement régional, 44% de la population est favorable à l'indépendance tandis que 48,3% y est opposée.

(AFP)

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