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En Haïti, malgré des semaines d’émeutes, le chef de l’État Jovenel Moïse s’accroche au pouvoir

Loin des projecteurs, l’île est entrée en guerre contre son président, que les puissances occidentales soutiennent malgré les accusations de corruption.

Depuis des semaines, l’opposition, suivie par toutes les couches sociales du pays, manifeste à Port-au-Prince pour exiger la démission du président Jovenel Moïse.
Depuis des semaines, l’opposition, suivie par toutes les couches sociales du pays, manifeste à Port-au-Prince pour exiger la démission du président Jovenel Moïse.
VALÉRIE BAERISWYL

«C’est la crise totale. Les Haïtiens n’en peuvent plus de l’État voyou. Depuis plus de trois mois, toutes couches sociales confondues, ils ont bloqué le pays – «peyi lók» en créole – en exigeant la démission du président Jovenel Moïse, mêlé à un retentissant scandale de corruption. Mais malgré des semaines de manifestations monstres, de barricades sur les routes, de commerces et d’administrations fermées, d’écoles désertées, il s’accroche au pouvoir avec l’appui des puissances occidentales, États-Unis en tête. C’est de la complicité!» Charles Ridoré souffre pour sa terre natale. Originaire de la vallée de Jacmel, dans le sud-est d’Haïti, le retraité a vécu le plus clair de son existence en Suisse, pays d’adoption où il a enseigné la sociologie à l’Université de Fribourg et travaillé comme secrétaire romand de l’œuvre d’entraide catholique Action de carême. C’est une des personnalités respectées de la diaspora haïtienne.

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