Le gouvernement palestinien démissionne

Territoires occupésLe gouvernement palestinien a soumis sa décision mardi au président de l'Autorité Mahmoud Abbas.

Rami Hamdallah à gauche.

Rami Hamdallah à gauche. Image: AFP

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Le gouvernement palestinien a remis mardi sa démission au président Mahmoud Abbas. Cette décision attendue survient sur fond de dissensions persistantes et délétères entre organisations palestiniennes.

Le cabinet continuera à «assumer toutes ses responsabilités jusqu'à ce qu'un nouveau gouvernement soit formé», a rapporté l'agence officielle Wafa, citant un communiqué du conseil des ministres réuni à Ramallah, en Cisjordanie. Cette durée est indéterminée. Le Premier ministre Rami Hamdallah avait déclaré lundi mettre son gouvernement «à la disposition du président» de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Isoler le Hamas

Interlocuteur privilégié de la communauté internationale et sans véritable contre-pouvoir au sein de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas s'emploie à former une nouvelle coalition. Cet effort est largement considéré par les analystes comme un moyen supplémentaire d'isoler ses rivaux islamistes du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza.

Le gouvernement est l'émanation de l'Autorité palestinienne, entité intérimaire internationalement reconnue et censée préfigurer un Etat indépendant qui comprendrait la Cisjordanie et la bande de Gaza. Il est aussi l'une des manifestations des divisions dévastatrices qui sévissent depuis plus de dix ans entre le parti laïc Fatah, qui domine l'Autorité palestinienne, et le Hamas.

Le mouvement islamiste a pris le pouvoir à Gaza en 2007 au prix d'une quasi-guerre civile avec le Fatah de Mahmoud Abbas, après le refus de la communauté internationale de reconnaître la victoire choc des islamistes aux élections parlementaires de 2006.

Le Hamas, qui refuse de reconnaître Israël, est considéré comme un groupe «terroriste» par l'Etat hébreu, les Etats-Unis ou l'Union européenne et comme infréquentable par certains pays arabes. L'Autorité palestinienne n'exerce plus son pouvoir, limité par l'occupation israélienne, que sur des fragments de la Cisjordanie.

Obstacle à la paix

Les divisions palestiniennes sont considérées comme l'un des obstacles à un règlement du conflit avec Israël et à une solution aux maux endurés par Gaza: conflits, blocus israélien et égyptien, pauvreté...

Tous les efforts pour mettre fin à une décennie de différends dévastateurs entre le Fatah et le Hamas ont échoué. Le gouvernement Hamdallah est le vestige du cabinet de personnalités indépendantes que le Fatah et le Hamas s'étaient entendus pour créer en 2014, avant que cette entreprise de raccommodement ne vole en éclats.

Le comité central du Fatah a recommandé dimanche la formation d'un nouveau gouvernement formé de membres de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), entité reconnue internationalement comme représentant les Palestiniens des Territoires et de la diaspora. Le Hamas ne fait pas partie de l'OLP.

Manque de «légitimité»

Pour un porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, un gouvernement formé en dehors d'un consensus national serait «dépourvu de toute légitimité». Il s'inscrira dans la ligne des «agissements unilatéraux du Fatah», a-t-il tweeté lundi.

Mahmoud Abbas a pris ces dernières années une série de mesures de rétorsion pour tenter, en vain, de forcer le Hamas à remettre les rênes du pouvoir à l'Autorité palestinienne à Gaza. Pour des observateurs, ces mesures attisent les tensions dans l'enclave, qui a frôlé une nouvelle guerre avec Israël en 2018.

L'Autorité palestinienne s'inquiète d'être mise à l'écart en voyant des acteurs internationaux, face à l'acuité de la situation à Gaza, traiter avec le Hamas. Elle s'alarme également de la disjonction grandissante entre la Cisjordanie et Gaza et du risque que cet éloignement fait peser sur la création d'un Etat palestinien comprenant les deux territoires.

Enquêtes indépendantes

La démission du gouvernement palestinien a eu lieu alors que la situation reste tendue au Proche-Orient. Mardi à Genève, le Haut-commissariat aux droits de l'homme a appelé les autorités israéliennes à garantir des investigations indépendantes après le meurtre d'un Palestinien samedi dernier.

L'homme a été atteint par balles dans le dos. Il faisait partie d'un groupe de six Palestiniens visés par des tirs de civils israéliens lors de heurts dans le village de Mughayir, près de Ramallah. Les forces de sécurité israéliennes ont annoncé des investigations. (ats/nxp)

Créé: 29.01.2019, 13h13

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