À Genève, les Syriens s’attaquent au chantier de la reconstruction politique

SyrieRéuni pour la première fois, le nouveau Comité constitutionnel entame ses travaux sous l’égide de l’ONU.

Ahmad al-Kuzbari, représentant du gouvernement syrien (à g.), et Hadi al-Bahra, représentant de l’opposition, entourent Geir Pedersen, envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie.

Ahmad al-Kuzbari, représentant du gouvernement syrien (à g.), et Hadi al-Bahra, représentant de l’opposition, entourent Geir Pedersen, envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie. Image: AP

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Depuis le début de la guerre et l’échec des précédents pourparlers, c’est la première fois que partisans et adversaires de Bachar el-Assad acceptent de parler ensemble de l’avenir de la Syrie autour d’une même table. S’il s’est réjoui de voir cette étape «historique» franchie ce mercredi à Genève avec la réunion du tout nouveau Comité constitutionnel syrien, l’émissaire spécial de l’ONU pour la Syrie, Geir Pedersen, s’est montré extrêmement prudent sur la suite des événements. «Je sais qu’il n’est pas facile pour vous d’être ensemble dans cette salle, face à face», a-t-il convenu avant d’ajouter que c’était «un puissant signe d’espoir» pour tous les Syriens.

Un silence pesant a accompagné l’intervention du diplomate norvégien, qui s’est exprimé entouré par les deux coprésidents du Comité constitutionnel, Ahmad al-Kuzbari et Hadi al-Bahra. Le premier a été nommé par le gouvernement et le second choisi par l’opposition. Les deux hommes n’ont échangé aucun regard et la poignée de main espérée par les photographes présents n’a pas eu lieu. Une première confrontation certes glaciale, mais pas électrique comme par le passé où la présence des représentants des chefs de guerre attisait les tensions et entraînait des déploiements d’effectifs de sécurité exceptionnels autour du Palais des Nations. Entre-temps, le contexte a changé et le rapport de force s’est inversé. Damas a repris la main. L’enjeu est moindre.

À cette heure, personne ne sait de quelle manière les discussions sur la réforme constitutionnelle vont être conduites. «Même l’équipe de Geir Pedersen ignore comment les choses vont se passer et combien de temps cela va durer», confie un diplomate européen. Pas sûr non plus que cela se passe au Palais des Nations. Selon cette même source, il est prévu que chacun des 150 membres du Comité constitutionnel prenne la parole à tour de rôle d’ici à vendredi. C’est après que les choses pourraient se corser. En effet, le Comité constitutionnel doit ensuite désigner les 45 délégués qui vont débattre des questions de droit et travailler sur un projet de texte. Des désaccords persistent en ce qui concerne la composition du groupe de quinze personnes qui doit représenter la société civile. Or, c’est sur ce genre de détails que les discussions ont achoppé ces derniers mois. «C’est une question qui n’a toujours pas été tranchée et cela pourrait bien poser quelques problèmes», confie un diplomate.

Faut-il être pessimiste? Lors de leur prise de parole, Ahmad al-Kuzbari et Hadi al-Bahra ont pris soin de peser chacun de leurs mots pour ne pas mettre d’emblée en péril un processus qui rouvre la voie au dialogue. Le premier a défendu l’actuelle Constitution, la jugeant moderne, mais a consenti que «des changements ou amendements pourraient être bénéfiques à notre peuple». Le second a estimé qu’il était temps de bâtir «une Syrie nouvelle et moderne». Il reste que la révision de la Constitution à laquelle doit s’attaquer le comité réuni à Genève n’est qu’une première étape. Des dispositions ont été prises pour que ce premier cycle de travaux ouvrant la voie à une réforme constitutionnelle et au réenclenchement d’un processus politique, tel que voulu par la résolution 2254 du Conseil de sécurité, puisse se prolonger jusqu’au 8 novembre.

Créé: 30.10.2019, 19h55

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