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A Genève, haro sur l’impunité des multinationales

Plus de 200 organisations pressent l’ONU d’imposer aux groupes internationaux un traité de respect des droits humains.

Raffaele Morgantini, du Cetim (Centre Europe-Tiers Monde) à Genève.
Raffaele Morgantini, du Cetim (Centre Europe-Tiers Monde) à Genève.
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Faire que les entreprises respectent elles aussi les droits de l’homme: cela semble une évidence. Et pourtant, rien n’est fait. Au Palais des Nations, depuis lundi, les pays membres de l’ONU et une myriade d’ONG planchent sur un texte visant à contraindre enfin les multinationales à prendre en compte le respect des droits humains élémentaires. Après deux précédentes sessions qui ont défini le cadre d’une possible régulation de l’activité des multinationales, un texte présenté par l’Equateur a mis en débat pour la première fois des «éléments pour un futur traité».

Sous une tente, place des Nations, et à l’ONU, des militants de la «Global Campaign to reclaim peoples sovereignty, dismantle corporate power and stop impunity» font la réclame de leur proposition de traité. Cent cinquante délégués des 200 organisations humanitaires, syndicales, de défense des peuples indigènes et de la société civile sont à Genève cette semaine pour faire du lobbying auprès des Etats, afin d’en finir avec l’impunité des multinationales et de leurs sous-traitants dans les pays du Sud.

Premier pas en France

«L’effondrement du Rana Plaza (ndlr: le 24 avril 2013, causant la mort de plus de 1300 ouvriers d’ateliers de confection à Dacca, au Bangladesh) a jeté une lumière crue sur les désastreuses conditions de travail imposées par des multinationales de l’habillement dans les pays du Sud», rappelle Sol Trumbo du Transnational Institute, un think tank progressiste qui réfléchit aux conséquences de la mondialisation.

Dans cette affaire, «les groupes internationaux d’habillement mis en cause ont apporté des compensations, mais aucun mécanisme remédiant au problème n’a été mis en place ensuite», commente Sol Trumbo. «En France, durant le quinquennat du président François Hollande, une loi, la première au monde, a obligé les groupes nationaux à respecter les droits humains. Cela a inspiré les propositions de l’Equateur», ajoute le représentant du Transnational Institute.

Le rôle du Cetim

A la pointe de ce combat, le Cetim (Centre Europe-Tiers Monde) à Genève a accueilli les ONG participantes. «Nous faisons un travail de lobby afin de casser le consensus apparent des pays européens qui ont pris une position commune défavorable au processus que nous souhaitons engager», commente Raffaele Morgantini. "Nous sommes là pour mettre en avant les propositions et les revendications des mouvements sociaux et des communautés affectées par les activités des transnationales, propositions qui se présentent sous la forme d'un projet de Traité que nous avons soumis au groupe de travail de l'ONU»

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